Prix du pétrole et perspectives d’inflation
Les prix du pétrole sont considérés comme un facteur important pour l’inflation à court terme (hausse des prix dans les prochains mois) et ils ont peu bougé depuis le début de la semaine. La présidente Christine Lagarde a déclaré mercredi matin que la BCE n’agirait pas sans assez d’informations et qu’elle pourrait ignorer un choc de prix de courte durée (hausse temporaire et rapide). Les prix de marché suggèrent la possibilité d’une réaction plus ferme de la BCE pour éviter une spirale des prix (hausse des prix qui s’auto-entretient). Les swaps d’inflation à terme de longue échéance (contrats qui reflètent l’inflation attendue plus loin dans le temps) ont été plutôt stables, tandis que les contrats à terme Euribor (contrats basés sur le taux Euribor, un taux de référence du marché en euros) montrent une « bosse » indiquant des hausses d’abord, puis un recul plus tard. La BCE doit choisir ses mots, car un ton plus accommodant (plus favorable à des taux bas) peut faire monter les rendements longs (taux sur les obligations à longue durée) si les attentes d’inflation augmentent. Un ton plus strict (plus favorable à des taux plus hauts) peut déplacer l’attention vers une croissance plus faible. Le marché semble convaincu que la BCE fera au moins deux hausses de taux cette année, avec une probabilité forte de 60% pour une décision dès avril. Avec la dernière estimation rapide de l’inflation en zone euro à 2,8%, tirée par l’énergie, la pression sur la BCE augmente. Ces anticipations élevées suggèrent que les traders devraient se préparer à une BCE plus stricte.Trader la courbe Euribor
La variable principale reste le prix du pétrole, qui crée un vrai dilemme pour la banque centrale. Le Brent (pétrole de référence international) reste au-dessus de 92$ le baril, et toute nouvelle perturbation de l’offre pourrait forcer la BCE à agir fortement pour éviter une spirale des prix. Cela contraste avec les propos récents de la présidente Lagarde sur le fait d’ignorer les chocs de court terme, ce qui crée une incertitude exploitable. Dans ce contexte, l’idée est de jouer la « bosse » sur la série des contrats à terme Euribor (suite d’échéances). Cela veut dire que le marché attend des hausses bientôt, puis une baisse partielle ensuite. On peut envisager de vendre des contrats proches (parier sur une hausse de taux, ce qui fait baisser le prix des contrats) et d’acheter des contrats plus lointains (se placer pour un assouplissement futur, donc des taux plus bas). L’objectif est de trader le changement de forme de la courbe (comment les taux se répartissent selon les échéances), pas seulement la direction générale. Vu l’équilibre difficile de la BCE entre contrôler les attentes d’inflation et éviter une récession (baisse durable de l’activité), la volatilité (fortes variations de prix) est un élément clé. L’écart entre ce que le marché intègre et ce que la BCE laisse entendre crée une opportunité d’acheter de la volatilité via des options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre). Un straddle (acheter une option d’achat et une option de vente au même prix d’exercice, pour profiter d’un mouvement fort dans un sens ou dans l’autre) sur les contrats à terme Bund allemand (contrat basé sur l’obligation allemande) avant la réunion d’avril peut être rentable si la banque surprend. Les swaps d’inflation de long terme restent plutôt stables, ce qui suggère une confiance dans la capacité de la BCE à maîtriser l’inflation, une crédibilité gagnée pendant le cycle de hausses rapides terminé en 2025. Cependant, la situation change, car les dernières données PMI (indice d’activité basé sur des enquêtes auprès des entreprises) montrent une industrie fragile qui pourrait souffrir d’une politique trop stricte. La BCE pourrait finalement devoir relever les taux simplement pour répondre aux attentes du marché et gagner du temps.
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