Le moral des secteurs se dégrade largement
Tous les principaux secteurs ont signalé un moral plus faible. Le chiffre inchangé sur la situation actuelle suggère qu’en mars les entreprises ne subissaient pas encore d’effets directs liés à la guerre. La baisse des attentes indique des craintes sur les effets économiques à venir. Des estimations issues d’un modèle (un calcul statistique utilisé pour simuler des scénarios) indiquaient que si la guerre et un blocage du détroit d’Ormuz continuaient encore un ou deux mois, la croissance en Allemagne et dans la zone euro pourrait être réduite d’environ 0,4 point de pourcentage cette année.Volatilité et stratégies de couverture sur les devises
Nous y voyons un écho du choc des prix de l’énergie qui a fortement touché l’industrie allemande en 2022. Le risque d’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, un passage maritime étroit crucial (un « goulot d’étranglement ») par lequel transite environ un cinquième de l’offre mondiale de pétrole, a déjà fait monter le Brent (prix de référence du pétrole) de plus de 15 % sur le mois écoulé. La situation actuelle suggère que l’achat d’options d’achat (call options : contrats donnant le droit d’acheter à un prix fixé) sur des contrats à terme sur le pétrole (futures : contrats pour acheter/vendre plus tard à un prix fixé) est un moyen direct de se positionner sur de nouveaux chocs d’offre. Compte tenu d’un possible impact de 0,4 point de pourcentage sur la croissance de la zone euro, il faut envisager une couverture contre une baisse des actions européennes. Acheter des options de vente (put options : contrats donnant le droit de vendre à un prix fixé) sur le DAX allemand ou sur l’indice plus large Euro Stoxx 50 peut protéger si ces craintes deviennent de vrais dégâts économiques au deuxième trimestre. Cette incertitude fait monter la volatilité des marchés (fortes variations de prix), l’indice VSTOXX (indice de volatilité des actions de la zone euro) se négociant désormais au-dessus de sa moyenne de long terme. Dans ce contexte, acheter des options d’achat sur la volatilité elle-même peut être une stratégie intéressante : c’est un pari direct que l’anxiété du marché va durer ou s’aggraver à court terme. Un ralentissement de la zone euro ferait aussi pression sur l’euro. La monnaie teste déjà des niveaux de soutien clés face au dollar (des zones de prix où la baisse ralentit souvent). Il faut donc regarder des stratégies profitant d’un euro plus faible, comme vendre des futures EUR/USD (parier sur une baisse de la paire) ou acheter des options de vente sur la monnaie.
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