Le retournement des prix à l’importation signale un risque de hausse des prix
Le net retournement sur un an de l’indice des prix à l’importation en février est un signal important. Ce passage d’une baisse des prix à une hausse des prix contredit l’idée dominante sur les marchés, maintenue pendant une grande partie de 2025, selon laquelle la hausse des prix était totalement maîtrisée. Il faut désormais envisager sérieusement qu’une nouvelle vague de hausse des prix se prépare. Ces données compliquent la trajectoire de la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis), rendant une baisse des taux en été moins certaine. Avec le dernier rapport de février sur l’IPC (Indice des prix à la consommation, qui mesure l’évolution moyenne des prix payés par les ménages), montrant que l’inflation sous-jacente (hausse des prix hors énergie et alimentation, souvent plus stable) reste au-dessus de 3 %, ce bond des prix à l’importation poussera probablement les responsables à adopter un ton plus strict (c’est-à-dire plus enclins à maintenir des taux élevés). Il faut ajuster les positions sur les produits dérivés de taux (instruments financiers dont la valeur dépend des taux d’intérêt), comme les contrats à terme SOFR (contrats basés sur un taux de financement au jour le jour garanti aux États-Unis, utilisé comme taux de référence), pour refléter une probabilité plus faible d’un assouplissement rapide (baisse des taux à court terme). Une Fed plus prudente se traduit presque toujours par un dollar américain plus fort. L’indice du dollar (DXY, indice qui mesure la valeur du dollar face à un panier de grandes devises) a déjà réagi, en dépassant 105 pour la première fois cette année, alors que les traders réévaluent les écarts de taux d’intérêt entre pays (différences entre les niveaux de taux directeurs). Il peut être pertinent de se positionner pour un nouveau renforcement du dollar, par exemple via des options d’achat (contrats donnant le droit d’acheter à un prix fixé) ou des contrats à terme (accords pour acheter ou vendre plus tard à un prix fixé) contre des devises dont les banques centrales sont plus accommodantes (plus susceptibles de baisser les taux). Pour les produits dérivés sur actions (instruments liés aux marchés boursiers), cet environnement justifie une attitude plus défensive. Des taux potentiellement plus élevés et une hausse des prix persistante peuvent réduire les marges des entreprises (part du profit dans le chiffre d’affaires) et peser sur les valorisations (prix que le marché attribue aux entreprises), comme on l’a vu lors des hausses de taux de 2022-2023. Il faut envisager d’acheter des options de vente de protection (contrats donnant le droit de vendre à un prix fixé, utilisés pour limiter les pertes) sur de grands indices comme le S&P 500 (indice boursier des 500 grandes entreprises américaines) ou d’augmenter l’exposition à la volatilité (amplitude des variations de prix) via des contrats à terme sur le VIX (indice souvent appelé “indice de la peur”, qui mesure la volatilité attendue du S&P 500).Pressions liées aux matières premières et positionnement du portefeuille
La source de cette pression sur les prix à l’importation semble liée aux matières premières, notamment l’énergie et les métaux industriels. Avec le Brent (prix de référence du pétrole) franchissant récemment le seuil de 90 dollars le baril en raison d’une offre plus limitée de producteurs clés, les coûts des intrants (coûts des éléments nécessaires pour produire des biens) augmentent à nouveau. Il faut envisager des options d’achat sur des ETF liés aux matières premières (fonds cotés en bourse qui suivent un panier de matières premières ou des entreprises du secteur) pour s’exposer à cette tendance.
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