La politique de la BCE reste guidée par les données
Ces commentaires, à eux seuls, n’ont pas fait bouger l’euro, tandis que l’EUR/USD reculait de 0,4 % vers 1,1540. La BCE est la banque centrale de la zone euro, basée à Francfort, et elle fixe les taux d’intérêt pour maintenir l’inflation près de 2 %. Le Conseil des gouverneurs se réunit huit fois par an et comprend les responsables des banques centrales nationales de la zone euro ainsi que six membres permanents, dont la présidente Christine Lagarde. L’assouplissement quantitatif (QE) consiste à créer de la monnaie (des euros) pour acheter des actifs (placements financiers) comme des obligations d’État ou d’entreprises (des « titres de dette », en pratique des prêts faits à un État ou à une société). Il a été utilisé en 2009-11, en 2015 et pendant la pandémie de Covid. Le resserrement quantitatif (QT) est l’inverse : la BCE arrête les nouveaux achats d’obligations et arrête de réinvestir (remettre de l’argent) quand des obligations arrivent à échéance (quand elles sont remboursées). Le QT soutient souvent l’euro (a tendance à le renforcer). En regardant ces commentaires du début 2025, on voit que la BCE cherchait à gérer les attentes concernant une série de hausses de taux, sans promettre un chemin précis. Cette incertitude, réunion par réunion, existe encore aujourd’hui, mais le débat est passé de « jusqu’où les taux vont monter » à « combien de temps ils vont rester à ce niveau ». Le marché se concentre maintenant sur le calendrier d’un possible changement de direction de la politique (un tournant vers des taux plus bas). Les faits ont bien changé, comme les décideurs l’avaient indiqué. L’inflation en zone euro est tombée à 2,3 % sur un an selon la dernière estimation rapide (première estimation publiée avant les chiffres définitifs), une baisse marquée par rapport aux niveaux observés pendant 2025 et beaucoup plus proche de la cible de 2 %. Avec les derniers chiffres trimestriels du PIB (produit intérieur brut, mesure de la production de l’économie) montrant une croissance de seulement 0,1 %, la situation économique ne justifie plus un biais de resserrement.L’attention du marché se tourne vers le calendrier des baisses
Ce contexte suggère que les traders (personnes qui achètent et vendent sur les marchés) devraient envisager des stratégies avec options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) pour gérer l’incertitude sur le calendrier de futures baisses de taux. La volatilité implicite (mouvement attendu par le marché, déduit des prix des options) pour l’euro devrait augmenter autour des dates de réunion de la BCE, surtout pour les décisions d’avril et de juin. Acheter des straddles ou des strangles (stratégies d’options qui visent à profiter d’un fort mouvement, quel que soit le sens) sur EUR/USD peut être un moyen efficace de profiter d’une annonce importante, peu importe la direction. L’EUR/USD, qui se négocie maintenant près de 1,1450, reflète ce changement de perspective et recule par rapport aux sommets observés mi-2025 après la dernière hausse de taux. On voit les marchés de produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme les options) commencer à intégrer une faible probabilité d’une première baisse de taux d’ici le quatrième trimestre de cette année. Le facteur clé pour l’euro dans les prochaines semaines sera la manière dont les nouvelles données sur la croissance et l’inflation des services (hausse des prix dans les services comme les transports, la santé, les loisirs) feront évoluer ces probabilités.
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