Risque géopolitique et marchés de l’énergie
Reuters a rapporté que le président américain Donald Trump a demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de ne pas répéter les attaques contre les infrastructures énergétiques iraniennes. Trump a aussi déclaré qu’il ne savait pas que Tel-Aviv attaquerait le champ gazier de South Pars, le plus grand champ de gaz au monde. Les prix du pétrole ont aussi baissé, car des pays européens et le Japon se sont dits prêts à aider à débloquer les expéditions d’énergie via le détroit d’Hormuz (passage maritime stratégique où transite une partie importante du pétrole mondial). Cela a renforcé la pression à la baisse sur le pétrole brut. Le dollar canadien a été instable après la décision de la Banque du Canada (BoC, la banque centrale du Canada) mercredi. La BoC a laissé ses taux d’intérêt (le coût de l’emprunt fixé par la banque centrale) inchangés à 2,25 %. Les marchés suivent les ventes au détail du Canada de janvier à 12h30 GMT vendredi. Les ventes devraient augmenter de 1,5 % sur un mois (comparaison avec le mois précédent) après une baisse de 0,4 % en décembre. Le dollar américain a légèrement progressé après une forte baisse jeudi. Le Dollar Index (indice qui mesure le dollar face à un panier de grandes devises) a pris 0,2 % vers 99,35, après avoir perdu plus de 1 % vers 99,00.Instabilité des taux et perspectives pour le CAD
Le dollar américain s’est affaibli après des annonces de politique monétaire (décisions sur les taux et messages des banques centrales) de la BoJ (Banque du Japon), de la BoE (Banque d’Angleterre) et de la BCE (Banque centrale européenne). Elles ont donné un message restrictif sur les taux (“hawkish”, c’est-à-dire favorable à des taux plus élevés ou à leur maintien), ce qui a réduit la crainte d’un écart avec la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis). En revenant sur la situation de mars 2025, on a vu que la valeur du dollar canadien était très liée à la baisse du prix du pétrole. La Banque du Canada maintenait ses taux à 2,25 %, ce qui créait de fortes variations autour de ses annonces. Dans ce contexte, les produits dérivés à court terme (contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme une devise) sur la paire USD/CAD étaient particulièrement sensibles aux nouvelles géopolitiques qui touchent les marchés de l’énergie. Aujourd’hui, la pression du pétrole sur le dollar canadien reste présente, mais la situation a changé. Le pétrole WTI se négocie maintenant plus près de 78 $ le baril, une baisse nette par rapport aux 92,50 $ observés l’an dernier, car l’OPEP+ (OPEP et pays alliés, groupe de producteurs) a légèrement augmenté ses quotas de production (limites de production) pour répondre à une demande mondiale en reprise. Des prix durablement plus bas continuent de freiner le “loonie” (surnom du dollar canadien) et suggèrent que des paris à la baisse (anticiper une baisse) sur la devise peuvent encore se justifier. L’écart de taux d’intérêt (différence entre les taux au Canada et aux États-Unis) a aussi beaucoup changé par rapport à 2025. La Banque du Canada a commencé à baisser ses taux; le taux directeur (taux de référence de la banque centrale) est à 1,75 %, tandis que la Réserve fédérale est plus hésitante à réduire les siens. Cet écart plus large entre les taux américains et canadiens accentue la pression sur le taux USD/CAD (élément de base lié aux taux) — un facteur moins marqué l’an dernier. La volatilité (amplitude des variations de prix) dans l’énergie reste un facteur majeur pour les traders (opérateurs de marché). L’OVX (indice de volatilité du pétrole, qui reflète le niveau de fluctuations attendu) se situe autour de 35, ce qui montre que des mouvements imprévus restent un risque important. Les traders peuvent envisager d’utiliser des options (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre à un prix fixé) pour limiter le risque, par exemple en achetant des “puts” (options de vente, qui gagnent quand le prix baisse) sur le dollar canadien pour miser sur une nouvelle baisse tout en plafonnant les pertes possibles. Dans les prochaines semaines, nous suivrons de près l’IPC (indice des prix à la consommation, mesure de l’inflation) du Canada. Le dernier chiffre a montré un ralentissement de l’inflation à 2,4 %, légèrement sous les attentes, ce qui renforce l’idée que la Banque du Canada pourrait encore baisser ses taux avant l’été. Toute inflation en dessous du consensus (prévision moyenne du marché) affaiblira probablement davantage le dollar canadien.
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