Risques liés à l’inflation et aux prix du pétrole
L’HICP global (inflation totale, incluant tous les postes) a progressé de 0,6% sur un mois, tandis que le taux annuel est resté à 1,9%, comme prévu. Avec une inflation proche de l’objectif de 2% de la BCE, des prix du pétrole plus élevés, liés à la guerre États-Unis–Israël contre l’Iran, peuvent influencer les futurs choix de politique monétaire (décisions sur les taux et les conditions de crédit). Des coûts de l’énergie plus élevés ajoutent aussi un risque pour les perspectives de la zone euro, car elle dépend de l’énergie importée. La BCE devrait laisser inchangés ses trois taux directeurs (les principaux taux d’intérêt fixés par la banque centrale), et l’attention se portera sur ses indications concernant la trajectoire des taux (ce qu’elle laisse entendre sur les prochaines décisions). Avant les tensions au Moyen-Orient, les marchés s’attendaient à ce que la BCE maintienne les taux jusqu’en 2026. Les traders intègrent désormais la possibilité d’une hausse des taux d’ici juillet. Au Royaume-Uni, les anticipations du marché se sont éloignées d’une probabilité proche de 80% d’une baisse lors de cette réunion. Les marchés s’attendent maintenant à ce que le taux directeur (Bank Rate, le taux principal fixé par la Banque d’Angleterre) reste à 3,75%, et intègrent aussi une possible hausse d’ici la fin de l’année.Écart changeant entre les politiques des banques centrales
En revenant sur 2025, on se rappelle que l’EUR/GBP évoluait dans une fourchette autour de 0,8638, à cause de l’incertitude sur les politiques des banques centrales. La Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre faisaient face à des risques d’inflation alimentés par des prix du pétrole élevés. Cette période d’hésitation contraste clairement avec la situation actuelle. La situation économique de la zone euro a beaucoup changé depuis. L’inflation de base est tombée à 2,1% en février 2026, en baisse par rapport à 2,4% l’an dernier. Les derniers indicateurs de confiance (mesures basées sur des enquêtes qui indiquent si ménages et entreprises deviennent plus prudents) pointent aussi vers un ralentissement; les marchés intègrent au moins deux baisses de taux de la BCE avant la fin de l’année. Pendant ce temps, le Royaume-Uni fait face à une inflation plus difficile à faire baisser, à 2,8% selon la dernière donnée officielle. La Banque d’Angleterre a indiqué qu’elle n’est pas pressée de baisser son taux directeur de 4,25%, surtout avec une hausse des salaires qui reste élevée (progression des rémunérations, souvent source de pression sur les prix). Cet écart de politique entre une BCE plus favorable à des baisses et une BoE stable est le thème clé des prochaines semaines. Pour les traders de dérivés (produits financiers dont la valeur dépend d’un actif comme une paire de devises), cet écart grandissant suggère une baisse supplémentaire de l’EUR/GBP. Les stratégies qui gagnent quand l’euro baisse par rapport à la livre devraient être privilégiées. Nous pensons que les traders d’options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) devraient envisager d’acheter des puts EUR/GBP (options qui gagnent de la valeur si le taux baisse) avec des échéances au deuxième trimestre pour se positionner sur ce mouvement. La paire reflète déjà cet écart, ayant baissé depuis les niveaux de 0,86 de l’an dernier vers environ 0,8550 aujourd’hui. Vu les facteurs fondamentaux (raisons économiques de fond), nous anticipons un test du niveau de support à 0,8450 (zone de prix où la baisse peut ralentir car des acheteurs apparaissent) dans les prochains mois. Ainsi, ouvrir des positions baissières maintenant, alors que la volatilité reste relativement limitée (ampleur des variations de prix), peut offrir une opportunité intéressante.
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