Prix du pétrole et risques d’inflation
ING note que les prix du pétrole montaient déjà et que de nouveaux mouvements de marché ont pu rendre dépassées les dernières prévisions de la BCE peu après leur publication. Elle pense que la BCE travaillera avec plusieurs scénarios de prix du pétrole (plusieurs hypothèses possibles). ING indique que le risque de spirale salaires‑prix (les salaires augmentent, les entreprises montent les prix, ce qui pousse encore les salaires) semble faible. Elle ajoute qu’une perturbation prolongée du détroit d’Ormuz (passage maritime clé pour le pétrole) pourrait pousser le pétrole au-dessus de 100 $ le baril pendant plusieurs mois, avec des effets en chaîne sur le transport, les prix alimentaires et les chaînes d’approvisionnement (réseau de production et de livraison des biens). Dans ce cas, ING dit que la BCE pourrait envisager des hausses de taux, peut‑être une ou deux. Elle s’attend à ce que la BCE s’appuie sur sa communication (messages publics) pour garder les anticipations bien ancrées (éviter que les attentes d’inflation ne dérapent), et ne s’attend pas à ce que Christine Lagarde répète l’expression « good place ».Conséquences pour la volatilité des taux
Une dynamique similaire apparaît, car des tensions en mer de Chine méridionale perturbent des voies maritimes importantes, poussant les prix du pétrole à la hausse. Le Brent (référence mondiale pour le pétrole) a grimpé de plus de 12 % sur le dernier mois, s’échange à 87 $ le baril et menace de dépasser le niveau psychologique de 90 $ (seuil rond que beaucoup d’investisseurs suivent). Cela arrive bien plus vite que ce que les marchés avaient prévu il y a quelques semaines. Cette pression sur les prix de l’énergie arrive à un moment délicat : les données d’inflation de février dans la zone euro ont montré un taux annuel « collant » de 2,6 % (qui baisse difficilement), bien au‑dessus de l’objectif de 2 % de la BCE. On se souvient que la crise énergétique de 2022 a mené à une spirale salaires‑prix, un scénario que la BCE veut éviter. Toute discussion de nouvelles baisses de taux est donc probablement mise de côté. Pour les traders de produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un autre prix, comme les taux), cela signifie que la volatilité implicite (volatilité attendue par le marché, déduite des prix des options) sur les contrats à terme (futures) de taux en euros semble trop faible. Le marché peut encore être positionné pour des baisses régulières des taux cette année, ce qui crée une occasion d’acheter des options (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre à un prix donné) qui profiteraient d’un retournement soudain ou d’une pause. La conférence de presse de la BCE à venir est désormais un déclencheur majeur d’un réajustement des prix. Il faut se concentrer sur les options de taux à court terme, comme celles sur les futures Euribor (contrats liés au taux Euribor, un taux de référence des prêts en euros). Nous pensons que les traders devraient envisager des positions qui profitent d’une hausse de la volatilité et d’un arrêt de la baisse récente des anticipations de taux à court terme. Cette stratégie sert de couverture (protection) contre le risque que la banque centrale doive employer un ton plus « faucon » (plus dur, favorable à des taux plus élevés pour freiner l’inflation) pour ancrer les anticipations d’inflation, comme elle l’a fait l’an dernier.
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