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Le stratégiste de BNY Geoff Yu affirme que la BNS pourrait intervenir, mais qu’elle peut tolérer la force du franc compte tenu des taux réels effectifs.

by VT Markets
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Mar 12, 2026
Le 2 mars, la Banque nationale suisse a déclaré qu’elle était « de plus en plus prête à intervenir » sur les marchés des changes (marchés où l’on échange des monnaies), en référence au conflit au Moyen-Orient. Elle a évoqué le risque d’une hausse rapide du taux de change et d’entrées de capitaux « refuge » (argent qui se déplace vers des actifs jugés plus sûrs) pouvant menacer la stabilité des prix. Le franc a des liens commerciaux étroits avec la zone euro, ce qui peut transmettre rapidement les variations de change aux prix. Une inflation plus élevée en zone euro peut augmenter le taux de change effectif réel (REER, un indicateur du « vrai » niveau d’une monnaie en tenant compte de l’inflation et des principaux partenaires commerciaux) de l’euro par rapport au franc, car l’écart d’inflation est resté important ces dernières années.

Force nominale et dynamique du REER

Le franc s’est rapproché de nouveaux sommets en valeur nominale (valeur affichée du taux de change), tandis que son REER a peu bougé au cours des deux dernières années. Cela peut permettre à la BNS d’accepter une certaine hausse nominale du franc. Lors de sa réunion la semaine prochaine, la BNS pourrait privilégier des mesures pratiques pour réduire les mouvements brusques plutôt que d’annoncer un changement de politique plus large. Des options citées incluent la réduction des engagements (dettes à court terme) en rachetant ses propres titres (bons) ou en ne renouvelant pas les accords de rachat (repurchase agreements, prêts à court terme garantis par des titres). Une action sur le marché pourrait avoir lieu si le mouvement nominal est très fort, par exemple plusieurs grandes variations en une seule séance. Toute intervention viserait à lisser les mouvements excessifs en réaction aux événements. Nous rappelons qu’à la même période l’an dernier, en mars 2025, la Banque nationale suisse avait indiqué qu’elle était prête à intervenir sur les marchés des monnaies. Cela faisait suite aux inquiétudes concernant des flux « refuge » vers le franc suisse en raison de tensions géopolitiques. L’objectif principal de la banque était d’éviter une hausse trop rapide qui pourrait perturber la stabilité des prix.

Conséquences pour les traders et la volatilité

La tolérance de la BNS pour un franc fort était, et reste, soutenue par la dynamique du REER. Avec l’inflation de la zone euro en février 2026 autour de 2,4% tandis que l’IPC suisse (indice des prix à la consommation, mesure de l’inflation payée par les ménages) reste proche de 1,3%, l’écart d’inflation continue de s’élargir. Cela donne de la marge à la BNS pour accepter une hausse nominale du franc sans que la monnaie devienne trop chère en termes réels. Avec le recul, les actions de la banque en 2025 étaient surtout pratiques, visant à calmer une volatilité extrême (fortes variations) plutôt qu’à imposer un niveau précis du taux de change. On l’a observé lors de quelques séances au deuxième trimestre 2025 où l’EUR/CHF (taux euro/franc) a connu de fortes variations pendant la journée, rapidement atténuées. Ce schéma renforce l’idée que la BNS ne défend pas un seuil précis, mais agit comme un frein aux excès. Pour les traders dans les prochaines semaines, cela suggère que des mouvements brusques et désordonnés du franc seront probablement suivis d’une intervention. Le soutien implicite de la BNS rend intéressante une stratégie consistant à vendre de la volatilité à court terme (parier sur des variations limitées) sur une courte échéance. C’est d’autant plus vrai que la volatilité implicite à 1 mois sur l’EUR/CHF (niveau de volatilité anticipé par les prix des options) se traite maintenant à un niveau modéré de 4,8%, en baisse par rapport aux pics de plus de 7% observés lors de l’instabilité du début 2025. Ainsi, des positions sur produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme des options) qui profitent d’un prix évoluant dans une fourchette ou d’une hausse lente du franc sont favorables. Vendre des options d’achat hors de la monnaie (options d’achat avec un prix d’exercice au-dessus du prix actuel, donc peu susceptibles d’être exercées) sur EUR/CHF ou USD/CHF pourrait permettre d’encaisser une prime (le montant payé pour acheter l’option), en misant sur la volonté de la BNS d’éviter une volatilité explosive. Le principal risque reste un événement soudain et majeur qui pourrait dépasser l’approche pratique de la banque centrale.

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