Les prix du pétrole alimentent les craintes d’inflation
Oman a évacué tous les navires de son terminal d’exportation de pétrole de Mina Al Fahal par précaution, selon Bloomberg jeudi. L’Iran a lancé ce qu’il a présenté comme son opération la plus intense depuis le début de la guerre et a intensifié ses efforts pour perturber le détroit d’Ormuz (passage maritime clé par lequel transitent de grandes quantités de pétrole). De nouvelles tensions pourraient augmenter la demande de monnaies dites “refuges” (devises jugées plus sûres en période de crise), comme le franc suisse. Les données américaines attendues vendredi comprennent l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE, indicateur d’inflation suivi de près par la Fed) de janvier et la deuxième estimation du PIB (produit intérieur brut, mesure de l’activité économique) du quatrième trimestre. Le dollar se renforce face au franc suisse alors que la hausse du pétrole nourrit les craintes d’inflation. Les contrats à terme (accords pour acheter/vendre plus tard à un prix fixé) sur le Brent ont récemment dépassé 110 dollars le baril, un niveau inédit depuis plus d’un an, ce qui augmente la pression sur la Fed pour retarder toute baisse de taux. Cet environnement soutient le dollar à court terme. L’aggravation du conflit au Moyen-Orient, avec les actions de l’Iran dans le détroit d’Ormuz, est la principale source d’incertitude. Même si cela soutient l’USD via la hausse du pétrole, il faut rappeler que le franc suisse est aussi une monnaie refuge. Une dynamique similaire s’était produite fin 2025, lorsque les deux monnaies s’étaient renforcées après les premiers chocs.Principaux risques à venir
Les traders (intervenants de marché) devraient rester prudents avant les données d’inflation PCE américaines de vendredi. La dernière lecture du PCE “core” (inflation hors éléments très volatils comme l’énergie et l’alimentation) pour décembre 2025 s’établissait à 3,1%, bien au-dessus de l’objectif de la Fed. Un chiffre nettement plus faible cette semaine pourrait inverser rapidement les gains récents du dollar et remettre en cause la hausse actuelle. Dans ce contexte, acheter de la volatilité (parier sur un grand mouvement de prix) via des stratégies d’options peut être une approche prudente. Les options (contrats donnant le droit, mais pas l’obligation, d’acheter ou vendre à un prix donné) à un mois sur USD/CHF affichent déjà une volatilité implicite (volatilité “attendue” par le marché, déduite des prix des options) au plus haut depuis six mois, à 9,5%. Des stratégies comme les straddles (achat d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix) ou les strangles (achat d’options d’achat et de vente à des prix différents) peuvent profiter d’un mouvement important dans un sens ou dans l’autre, qu’il soit causé par une inflation élevée ou par une forte escalade géopolitique. La réunion de la Fed des 17 et 18 mars devrait aboutir à un statu quo sur les taux, mais le communiqué sera déterminant. Le marché s’est déjà ajusté: les contrats à terme (prix de marché reflétant les attentes) n’intègrent désormais que moins de 40% de probabilité d’une baisse de taux d’ici juin, contre 70% il y a un mois. Un ton plus “hawkish” (plus favorable à des taux élevés pour combattre l’inflation) de la banque centrale pourrait renforcer la hausse du dollar.
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