Prix de l’énergie et risque d’inflation
David Miles, de l’Office for Budget Responsibility (organisme public qui évalue les finances publiques du Royaume-Uni), a déclaré que des chocs énergétiques (hausse soudaine des prix de l’énergie) pourraient faire monter les prix. Il estime qu’en fin d’année, les prix payés par les consommateurs (prix à la consommation) pourraient être environ 1% plus élevés si la situation des prix ne change pas. L’Agence internationale de l’énergie a accepté de libérer environ 400 millions de barils de pétrole issus des réserves stratégiques (stocks d’urgence détenus par les États) de ses membres afin de limiter la hausse des coûts de l’énergie. Pour la BCE, les prix de marché suggèrent une probabilité de 60% à 70% d’une hausse des taux d’ici juin. L’EUR/GBP a été pénalisé, car la baisse des attentes de réduction des taux de la BoE a davantage soutenu la Livre sterling que la perspective d’un resserrement de la BCE (politique plus stricte via des taux plus élevés) n’a soutenu l’Euro. Joachim Nagel a indiqué que la BCE agirait si une envolée des prix de l’énergie entraînait une inflation durablement plus élevée, et il a signalé un risque d’inflation accru malgré des perspectives économiques plus faibles. L’an dernier, un choc pétrolier lié au conflit États-Unis–Iran avait forcé la Banque d’Angleterre à retarder des baisses de taux attendues. Ce ton plus ferme que prévu (position « faucon », c’est-à-dire privilégier la lutte contre l’inflation avec des taux plus élevés) avait fortement soutenu la Livre face à l’Euro. Cela a montré un schéma clair: l’inflation tirée par l’énergie donne à la BoE une raison de garder des taux plus élevés plus longtemps.Implications de trading pour EUR/GBP
Aujourd’hui, un écart similaire se dessine, même sans conflit majeur. Les dernières statistiques montrent que l’inflation au Royaume-Uni reste élevée à 4,0%, tandis que l’inflation en zone euro a davantage ralenti à 2,8%. Ces données laissent à la Banque d’Angleterre beaucoup moins de marge pour envisager des baisses de taux que la Banque centrale européenne. Cela renforce l’idée de se positionner pour une poursuite de la baisse de l’EUR/GBP dans les prochaines semaines. Les traders peuvent envisager d’utiliser des options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) pour exprimer une vue baissière, par exemple en achetant des puts (options de vente, qui gagnent en valeur si le cours baisse) sur l’EUR/GBP. Cette approche permet de viser un gain en cas de baisse tout en fixant clairement la perte maximale. Le moteur principal est l’écart d’anticipations de politique monétaire, que l’on peut aussi viser via des dérivés de taux d’intérêt (contrats financiers liés au niveau futur des taux). Le contexte actuel suggère des positions qui profitent si les taux au Royaume-Uni restent plus élevés que ceux de la zone euro. Cette idée repose sur le fait que le marché sous-estime encore la nécessité pour la BoE de combattre une inflation intérieure plus persistante (inflation qui baisse lentement). On peut se rappeler la période après la crise énergétique de 2022, où le problème d’inflation au Royaume-Uni a duré plus longtemps qu’en zone euro. Ce passé, combiné à des perspectives de croissance fragiles pour l’Allemagne (la plus grande économie d’Europe), suggère que tout nouveau choc d’offre (baisse soudaine de l’offre, par exemple de pétrole) toucherait probablement davantage l’Euro. Cela renforce la vision baissière pour la paire à l’avenir.
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