Comment des prix du pétrole plus élevés alimentent l’inflation
Au-delà du carburant, des prix de l’énergie plus élevés peuvent augmenter les coûts d’articles comme l’emballage et les engrais dans de nombreux secteurs. Ces effets s’installent surtout si les prix du pétrole restent élevés pendant des mois, lorsque les entreprises réévaluent leurs chaînes d’approvisionnement (toutes les étapes et fournisseurs nécessaires pour produire et livrer un produit) et leurs prix. L’effet sur l’inflation peut être plus faible si une demande des ménages plus faible réduit les dépenses en biens et services hors énergie. RBC Economics (le service d’analyse économique de la Banque Royale du Canada) prévoit une transmission progressive et conditionnelle vers les prix plus larges. L’investissement dans le pétrole et le gaz en 2025 représente moins de la moitié de sa part de PIB en 2014. La majorité des dépenses restantes sert à maintenir la production actuelle, donc les nouveaux investissements sont limités et réagissent moins aux variations de prix du pétrole, ce qui laisse l’effet global sur le PIB globalement neutre.Conséquences de trading pour l’inflation CAD et les actions
Historiquement, on s’attendrait à ce que le dollar canadien monte fortement avec le pétrole. Cependant, avec les prévisions pour 2026 confirmant que l’investissement en capital (dépenses pour des équipements et installations durables) dans le secteur de l’énergie reste centré sur l’entretien plutôt que sur la croissance, le mécanisme qui renforcerait le « loonie » (surnom du dollar canadien) est plus faible. Cela soutient des stratégies qui parient contre une forte hausse du CAD (dollar canadien), comme l’achat d’options d’achat (contrats donnant le droit d’acheter à un prix fixé) sur la paire USD/CAD (taux de change entre le dollar américain et le dollar canadien). La transmission vers l’inflation générale semble progressive, comme prévu l’an dernier. Les dernières données de Statistique Canada de février ont montré une inflation globale (niveau général des prix) gérable à 2,4 %, ce qui indique que la hausse des coûts du carburant ne s’est pas encore largement propagée aux autres secteurs. Cela renforce la récente décision de la Banque du Canada de maintenir ses taux (taux d’intérêt directeurs), ce qui suggère que les produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent) qui anticipent des hausses de taux imminentes sont probablement mal évalués. Il faut se concentrer sur la séparation nette entre les producteurs d’énergie qui en profitent et les consommateurs au pays qui subissent la hausse des coûts. Un « pair trade » (stratégie consistant à acheter un actif et à vendre un autre en même temps pour miser sur leur écart de performance), en achetant des produits dérivés liés à un ETF du secteur de l’énergie (fonds coté en bourse qui réplique un ensemble d’actions) tout en vendant à découvert des actions de consommation discrétionnaire (entreprises liées aux achats non essentiels), semble une manière directe de jouer cette dynamique. Cette stratégie isole les effets opposés d’un pétrole cher dans l’économie canadienne. L’idée de 2025 selon laquelle l’impact net sur le PIB serait largement neutre semble se confirmer. Cela signifie qu’un pic du pétrole pourrait moins déstabiliser l’indice S&P/TSX 60 (indice de référence des grandes entreprises canadiennes) qu’il y a dix ans. En conséquence, vendre la volatilité (parier sur une baisse des fortes variations de prix) sur l’indice via des stratégies d’options pourrait être efficace, en profitant de cette sensibilité économique réduite.
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