Le dollar recule sur des signaux géopolitiques
Les prix du pétrole ont fortement grimpé après le début du conflit à cause des craintes sur l’approvisionnement, puis ont baissé après les propos de Trump. Les prix ont aussi reculé après des informations indiquant que les pays du G7 discutent d’une libération coordonnée de réserves de pétrole via l’Agence internationale de l’énergie (AIE, un organisme qui coordonne des politiques énergétiques et des stocks d’urgence). La baisse des prix du pétrole a réduit les craintes d’inflation (inflation = hausse générale des prix), mais l’incertitude est restée élevée après que l’Iran a déclaré qu’il n’autoriserait pas les expéditions de pétrole (expéditions = transports) via le détroit d’Ormuz si les attaques américaines et israéliennes continuent. Le Japon est vulnérable car il importe environ 95 % de son pétrole brut (pétrole brut = pétrole non raffiné) du Moyen-Orient, et environ 70 % de ces livraisons passent par le détroit. Les marchés intègrent (intègrent = prennent déjà en compte dans les prix) un report de nouvelles hausses de taux de la Banque du Japon, tandis que la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis) pourrait maintenir ses taux plus longtemps. L’ADP Employment Change aux États-Unis (indicateur privé des variations d’emplois) a montré une moyenne sur 4 semaines à 15,5K, contre 12,8K. Le PIB du Japon (PIB = valeur totale de la production sur une période) a augmenté de 0,3 % en variation trimestrielle (QoQ = par rapport au trimestre précédent) au T4, contre 0,1 %, avec une croissance annualisée (annualisée = convertie en rythme sur un an) à 1,3 % contre 0,2 % et une prévision à 1,2 %. Les prochaines données incluent l’indice des prix à la production (PPI, prix au niveau des entreprises) du Japon et l’indice des prix à la consommation (CPI, prix payés par les ménages) des États-Unis mercredi, puis l’inflation PCE (PCE = indicateur d’inflation basé sur les dépenses des ménages, suivi de près par la banque centrale américaine) des États-Unis vendredi.Perspectives USD/JPY et positionnement sur les options
Comme on l’a vu sur le reste de 2025, la baisse des tensions a fait reculer le Brent (Brent = référence mondiale du prix du pétrole) de sommets au-dessus de 110 $ le baril à un niveau plus stable de 82 $ aujourd’hui. Cette baisse a soulagé le Japon : les dernières données commerciales de février 2026 montrent un excédent commercial (excédent = exportations supérieures aux importations) pour le troisième mois consécutif, surtout grâce à la diminution du coût des importations d’énergie. Le risque lié au pétrole pour le yen a donc fortement diminué sur les douze derniers mois. Malgré cet apaisement sur le pétrole, l’USD/JPY n’a pas baissé ; il a plutôt progressé et s’échange désormais près de 159,50. Cela s’explique par l’écart de politique monétaire (écart = différence entre les politiques de taux) : la Banque du Japon (BoJ) a retardé tout retour à une politique plus « normale », tandis que la Réserve fédérale a gardé des taux élevés pour lutter contre une inflation domestique persistante (persistante = qui ne baisse pas facilement). L’écart de taux entre les États-Unis et le Japon s’est creusé, ce qui rend plus avantageux de détenir des dollars plutôt que des yens. À présent, l’attention s’est déplacée vers la prochaine décision de la BoJ. Les données récentes montrent que l’inflation sous-jacente à Tokyo (inflation sous-jacente = inflation hors éléments très volatils comme l’énergie et l’alimentation) se maintient à 2,5 %, et les premiers éléments des négociations salariales de printemps « shunto » (shunto = période annuelle de négociation des salaires au Japon) indiquent les plus fortes hausses de salaire depuis plus de trois décennies. Cela renforce les attentes selon lesquelles la BoJ pourrait bientôt abandonner sa politique de taux d’intérêt négatifs (taux négatifs = situation rare où déposer de l’argent peut coûter au lieu de rapporter) dans les prochaines semaines. Pour les opérateurs sur produits dérivés (produits dérivés = contrats dont la valeur dépend d’un actif, ici la paire USD/JPY), cela crée un contexte favorable pour des stratégies sur la volatilité (volatilité = amplitude des variations de prix). La volatilité implicite (volatilité implicite = volatilité attendue par le marché, déduite du prix des options) des options USD/JPY a atteint un plus haut de six mois, car le marché hésite sur le moment et l’ampleur du possible changement de la BoJ. Acheter des straddles à court terme sur l’USD/JPY (straddle = achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix d’exercice, pour viser un fort mouvement dans un sens ou dans l’autre) peut être une approche pour profiter d’un mouvement marqué des prix, que la BoJ agisse franchement ou déçoive. Étant donné que la paire se situe près de niveaux jamais vus depuis des décennies, le risque d’une correction rapide à la baisse est important si la BoJ adopte un ton plus dur (plus dur = plus enclin à relever les taux). Les traders peuvent envisager d’acheter des options d’achat sur le JPY hors du prix du marché (options « hors du prix » = options dont le prix d’exercice est éloigné du prix actuel, donc moins chères mais moins probables) — c’est-à-dire des options de vente sur l’USD/JPY — avec des échéances (échéances = dates d’expiration) à un ou deux mois. Cela permet de se positionner à coût limité et avec un risque plafonné (risque plafonné = perte maximale connue à l’avance) en vue d’un possible renforcement du yen si la dynamique de politique monétaire commence à changer.
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