Attentes de politique monétaire et prix de marché
En janvier, Norges Bank a prévu une baisse de taux de 25 points de base (0,25 point de pourcentage), ce qui ramènerait le taux directeur (taux fixé par la banque centrale) à 3,75% d’ici le T4 (quatrième trimestre). La courbe des swaps (prix de marché qui reflète les attentes de taux futurs) intègre aussi une faible probabilité d’une hausse de taux sur les 12 prochains mois. Le rapport indique que les marchés pourraient ajuster les attentes de baisse de taux à cause de l’augmentation des capacités inutilisées dans l’économie (ressources et main-d’œuvre disponibles). Norges Bank prévoit un écart de production (différence entre la production réelle et le niveau soutenable de long terme) moyen de -0,2% du PIB potentiel (produit intérieur brut possible sans créer de tensions) en 2026, contre 0% en 2025.Implications de trading pour la NOK
Le thème principal l’an dernier a été une inflation persistante qui a empêché Norges Bank d’assouplir sa politique (baisser les taux). Comme on l’a vu en 2025, Norges Bank n’a pas effectué la baisse de taux attendue au quatrième trimestre. Au lieu de cela, une inflation sous-jacente durablement élevée, à 3,1% en moyenne au second semestre 2025, l’a forcée à maintenir le taux directeur à 4,00%. Cet écart avec la Banque centrale européenne (BCE), qui a commencé à baisser ses taux fin l’an dernier, a soutenu la couronne. La crainte d’une baisse des prix du pétrole brut début 2025 a aussi été temporaire. Le Brent (référence mondiale du prix du pétrole) a rebondi et est remonté vers 85 dollars par baril (unité standard du pétrole) en fin d’année, ce qui a aidé la NOK. La hausse du pétrole a compensé une partie des inquiétudes sur le ralentissement de l’économie. En mars 2026, la situation reste complexe. L’économie montre des signes de ralentissement, avec un écart de production désormais confirmé négatif, mais l’inflation n’est pas revenue clairement vers l’objectif de 2%. Cette tension entre une économie plus faible et des prix qui restent élevés crée beaucoup d’incertitude, ce qui favorise une volatilité (variations rapides des prix) plus forte sur des paires de devises comme EUR/NOK (taux de change euro/couronne norvégienne). Pour les traders de produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif comme une devise), cela peut rendre intéressantes des stratégies sur options (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre à un prix fixé) qui gagnent quand le prix bouge fortement. Comme EUR/NOK est resté dans une fourchette (zone de prix) plutôt étroite entre 11,50 et 11,70 depuis plusieurs semaines, la volatilité implicite (volatilité estimée par le prix des options) est relativement basse. Acheter des straddles (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix) ou des strangles (options d’achat et de vente à des prix différents) peut être une manière peu coûteuse de se positionner sur une sortie de range avant les prochaines données d’inflation ou la prochaine réunion de Norges Bank. Sinon, pour ceux qui pensent que Norges Bank devra garder des taux plus élevés plus longtemps que les autres, le marché à terme (prix fixés aujourd’hui pour une opération future) peut être intéressant. L’écart de taux d’intérêt (différence de rendement entre deux zones) reste favorable à la couronne, ce qui signifie que les traders peuvent être rémunérés pour être acheteurs de NOK contre l’euro. Ce carry trade (stratégie consistant à profiter d’un écart de taux en détenant la devise au taux le plus élevé) reste valable tant que le marché ne commence pas à intégrer fortement des baisses de taux imminentes en Norvège.
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