USD/CAD a légèrement progressé vendredi, en hausse de 0,13 % autour de 1,4200. Le mouvement s’explique par la faiblesse du dollar canadien, qui a plus que compensé la pression sur le dollar américain après un rapport sur l’emploi américain plus faible que prévu, maintenant la paire soutenue malgré l’évolution des anticipations de taux. En juin, les créations d’emplois non agricoles (Nonfarm Payrolls) ont augmenté de 57 000, contre 110 000 attendues, et le chiffre de mai a été révisé en baisse à 129 000 contre 172 000 initialement. Après ces données, l’outil CME FedWatch a montré que la probabilité implicite d’une hausse des taux de la Réserve fédérale en septembre tombait à 53 % contre 63 %, tandis que les chances d’un mouvement en décembre s’établissaient à 76,8 %.
Le dollar canadien a continué de sous-performer, la baisse des prix mondiaux du pétrole érodant le soutien lié aux termes de l’échange du Canada et renforçant les anticipations d’une Banque du Canada accommodante si la désinflation se poursuit. Les indicateurs domestiques n’ont apporté qu’un soutien marginal : l’indice PMI manufacturier S&P Global du Canada est remonté à 53 en juin, contre 52,9 en mai. Les conditions sur le marché du travail ont été décrites comme faibles mais en stabilisation, avec une croissance de l’emploi inférieure à 1 % sur un an et des gains concentrés sur les postes à temps plein ; l’attention se tourne désormais vers le rapport sur l’emploi canadien pour des indications sur l’économie et la politique de la BdC.
USD/CAD soutenu par la faiblesse relative du dollar canadien
Nous estimons que le rapport décevant sur l’emploi américain crée un environnement brouillé, mais in fine favorable à une hausse de l’USD/CAD. Le marché sanctionne davantage le dollar canadien pour ses faiblesses fondamentales qu’il ne pénalise le dollar américain pour un seul point de données décevant. Cela suggère que la trajectoire la plus probable pour la paire reste orientée à la hausse.
Le problème de fond pour le « loonie » réside dans le repli des prix de l’énergie, le pétrole WTI étant récemment passé sous 72 dollars le baril selon les dernières données de l’EIA. Cela pèse directement sur les termes de l’échange du Canada et conforte notre vision d’une Banque du Canada qui restera accommodante. Historiquement, des périodes de faiblesse prolongée du pétrole, comme en 2015, ont propulsé l’USD/CAD nettement à la hausse, souvent au-delà du seuil de 1,4500.
Cette fragilité est renforcée par l’élargissement du différentiel de taux d’intérêt entre les deux pays. Nous notons que la Banque du Canada a déjà engagé un cycle d’assouplissement avec une baisse de 25 points de base en juin, portant son taux directeur à 4,50 %. Même si la probabilité d’une hausse de taux de la Fed en septembre a reculé, le taux des fed funds reste solidement au-dessus de 5,0 %, rendant le dollar américain plus attractif à détenir.
Perspectives et stratégie : se positionner pour une hausse de l’USD/CAD
Dans ce contexte, nous envisageons d’acheter des options d’achat (calls) hors de la monnaie sur l’USD/CAD, avec une échéance en septembre. Cette stratégie nous permet de tirer parti d’un mouvement potentiel vers le niveau de 1,4400 au cours des prochaines semaines. La prime limitée payée constitue notre risque maximal, nous protégeant contre un retournement brutal et inattendu.
Nous considérons la prochaine publication de l’emploi au Canada comme une source potentielle de volatilité plutôt que comme un élément susceptible de modifier la tendance. Un chiffre de l’emploi canadien faible accélérerait le mouvement haussier, tandis qu’un rapport étonnamment solide pourrait provoquer un repli temporaire. Nous verrions tout repli de ce type comme un point d’entrée plus attractif pour renforcer notre position longue.
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