Les minutes du Comité de politique monétaire (FOMC) de juin ont réaffirmé une pause au biais restrictif et ont globalement repris le ton des communications d’après réunion. Le « Summary of Economic Projections » a mis en évidence une division 50/50 sur la trajectoire des taux : un camp privilégie un statu quo, voire des baisses, tandis que l’autre penche pour de nouvelles hausses. Les responsables continuent de juger l’inflation trop élevée, tout en qualifiant le marché du travail de durablement stable.
La fracture porte sur la durée anticipée de la période d’inflation élevée, ce qui se traduit par des préférences divergentes en matière de taux directeurs. Dans le scénario où l’inflation resterait élevée plus longtemps, de nombreux participants ont estimé que des taux plus hauts seraient nécessaires. Le discours a également mis en regard une dynamique ferme de l’inflation cœur PCE durant l’été et un rapport sur l’emploi de juin plus modéré, réduisant les anticipations d’une hausse immédiate en juillet tout en laissant ouverte la possibilité d’un durcissement plus tard dans l’année.
Division du comité et implications pour la politique monétaire
Les dernières minutes de la Fed confirment notre lecture d’un comité profondément divisé sur la trajectoire des taux. Les membres se répartissent à parts égales entre ceux qui envisagent un maintien des taux et ceux qui souhaitent une nouvelle hausse. Cela implique que notre stratégie de trading pour les prochaines semaines doit être extrêmement sensible aux nouvelles données macroéconomiques.
La Fed considère le marché du travail comme stable, et le dernier rapport sur l’emploi étaye cette appréciation. Avec 215 000 créations de postes en juin, un chiffre légèrement supérieur aux attentes, la pression en faveur d’un assouplissement rapide de la politique monétaire reste limitée. Selon nous, cela lève un obstacle à une nouvelle hausse de taux si l’inflation ne se tasse pas.
L’inflation demeure le facteur déterminant et reste trop élevée au regard des critères de la Fed. La dernière publication de l’IPC sous-jacent (core CPI) s’est établie à 3,8%, un niveau tenace, ce qui renforce l’argumentaire des partisans de taux plus élevés. Nous y voyons le principal catalyseur d’une éventuelle hausse au second semestre.
Positionnement de marché dans un environnement piloté par les données
Dans cet environnement dépendant des données, nous nous positionnons en anticipation d’une volatilité accrue, en particulier autour des principales publications d’inflation. Nous achetons des straddles d’options sur les grands indices avant la prochaine publication du PCE et la décision du FOMC du 31 juillet. Cette stratégie doit bénéficier d’un mouvement de marché ample dans un sens comme dans l’autre, ce qui nous paraît très probable.
Cette configuration rappelle la période 2022-2023, où chaque statistique d’inflation provoquait d’importantes variations de marché. À l’époque, être correctement positionné pour capter des pics de volatilité autour des publications s’était révélé plus rentable que de tenter d’anticiper la direction finale de la Fed. Nous pensons que ce schéma se reproduira tout au long de l’été.
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