Le Brent a gagné près de 13 % cette semaine, repartant vers 110 dollars le baril alors que les tensions géopolitiques et les perturbations des routes énergétiques s’intensifient, tandis que les rendements des emprunts d’État ont augmenté et que les actions se sont repliées. La hausse des prix du pétrole risque d’alimenter l’inflation globale et les coûts plus larges à un moment où les banques centrales restent encore en lutte contre les pressions sur les prix. La BCE a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base et prévoit désormais une inflation de 3,0 % en zone euro en 2026, retombant à 2,5 % en 2027 et à 2,1 % en 2028, ce qui complique les anticipations d’assouplissement de la politique monétaire.
Sur les taux, le rendement du Treasury américain à 10 ans s’est rapproché de 5 % et le 30 ans a atteint un plus haut inédit depuis près de deux décennies, concentrant l’attention sur la question de savoir si la hausse des rendements reflète des craintes d’inflation et de financement plutôt qu’une croissance plus forte. Aux États-Unis, les créations d’emplois en août ont atteint 162 000 et le taux de chômage est resté à 4,1 %, tandis que les prix à la production ont progressé de 0,4 % sur le mois et de 5,4 % sur un an ; les marchés ont ensuite intégré environ 70 % de probabilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale la semaine prochaine, avant la publication du CPI aujourd’hui. Le Dollar Index s’est redressé vers les plus hauts de la semaine après l’intervention de la banque centrale indienne pour soutenir la roupie ; l’USD/JPY est repassé sous ses niveaux d’après-intervention alors que les traders évaluent un mouvement potentiel de 25 points de base de la Banque du Japon vers 1,25 % ; et l’or s’est maintenu au-dessus de 4 400 dollars malgré la hausse des rendements.
Évolution des dynamiques de marché et risques de stagflation
Nous observons un changement majeur des dynamiques de marché, le Brent se rapprochant de 110 dollars le baril et le rendement du Treasury américain à 10 ans s’approchant de 5 %. Ce cocktail toxique de hausse des coûts de l’énergie et de remontée des rendements menace d’enrayer le reflux de l’inflation observé plus tôt dans l’année. Les intervenants sur dérivés doivent rapidement passer d’un scénario d’atterrissage en douceur à des couvertures contre un nouveau choc stagflationniste.
Sur les marchés obligataires, nous recommandons d’utiliser des options sur futures de Treasuries pour se protéger contre de nouvelles phases de baisse à mesure que les coûts d’emprunt de long terme augmentent. Les données historiques montrent que lors du choc énergétique de 2022, lorsque le Brent avait bondi et que l’inflation américaine avait atteint un plus haut de 40 ans à 9,1 %, la volatilité obligataire avait fortement augmenté. Mettre en place des couvertures offensives via des swaps payeurs ou des options de vente sur des ETF obligataires de longue maturité aidera à amortir les portefeuilles face au scénario « higher for longer ».
Positionnement stratégique sur les devises, l’or et les actions
Nous devons également nous préparer à une poursuite de la domination du dollar en achetant des options d’achat sur le Dollar Index contre les devises des pays importateurs d’énergie. Des pays comme l’Inde, qui importe plus de 80 % de son pétrole brut, subiront une forte pression sur leur devise, entraînant de nouvelles interventions des banques centrales. Structurer des stratégies optionnelles baissières sur les devises sensibles à l’énergie permet de tirer parti de l’élargissement de ces déficits commerciaux.
Le yen offre une configuration très volatile alors que la Banque du Japon envisage de relever son taux directeur à un niveau historiquement élevé de 1,25 % la semaine prochaine. Si des taux domestiques plus élevés renforcent généralement une devise, la forte dépendance du Japon aux importations d’énergie à 110 dollars le baril complique cette relation. Nous suggérons de traiter l’USD/JPY via des straddles ou des strangles sur options afin de capter des mouvements marqués dans les deux sens plutôt que de privilégier un seul scénario.
La résilience sans précédent de l’or au-dessus de 4 400 dollars, même face à des rendements proches de 5 %, indique que les corrélations traditionnelles sont en train de se dégrader. Les investisseurs considèrent l’or comme une couverture essentielle contre l’instabilité budgétaire et les risques géopolitiques, à l’image du comportement des marchés à la fin des années 1970, lorsque l’inflation s’établissait en moyenne au-delà de 11 %. Nous privilégions des options d’achat longues sur l’or pour accompagner cette dynamique sans subir le poids de la hausse des taux réels.
Enfin, les traders sur dérivés actions doivent s’attendre à ce que la hausse des coûts de production et de transport comprime les marges des entreprises dans les prochaines semaines. Nous recommandons d’acheter des options de vente sur les principaux indices actions ou d’utiliser des options d’achat sur le VIX pour se couvrir contre une correction soudaine du marché. Si la confiance des consommateurs se fissure sous l’effet du carburant cher et des coûts d’emprunt élevés, la volatilité actions augmentera rapidement.
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