La balance commerciale de l’Afrique du Sud est passée en déficit en mai, à -1,79 Md R. À titre de comparaison, elle affichait un excédent de 15,16 Md R le mois précédent, ce qui traduit une nette dégradation de la position commerciale extérieure mensuelle.
Ce retournement implique que la valeur des importations a dépassé celle des exportations en mai, effaçant l’excédent d’avril. Les chiffres sont exprimés en rands et reflètent le solde net des échanges de biens sur le mois.
Perspectives pour le rand et positionnement sur le marché des changes
Le basculement inattendu vers un déficit commercial constitue un signal baissier significatif pour le rand sud-africain. Cela indique qu’une plus grande quantité de capitaux sort du pays pour payer les importations qu’il n’en entre via les exportations. Il faut s’attendre à une pression baissière sur le ZAR à court terme.
Dans ce contexte, nous nous positionnons sur un rand plus faible en nous intéressant à des options d’achat (calls) sur l’USD/ZAR. La paire a déjà progressé vers 18,90 ces dernières semaines, et ces données fournissent un argument fondamental pour tester le seuil psychologique de 19,00. Ce mouvement est soutenu par un renforcement généralisé du dollar américain à l’échelle mondiale.
La faiblesse des chiffres du commerce extérieur est probablement liée au repli des prix des matières premières, qui représentent une part importante des recettes d’exportation sud-africaines. Par exemple, le prix du panier des métaux du groupe du platine a reculé de plus de 4 % rien qu’en juin. Tant que ces prix clés à l’exportation resteront orientés à la baisse, la balance commerciale a peu de chances de se redresser rapidement.
Volatilité de marché, stratégies actions et contexte macroéconomique
Ce type de surprise macroéconomique accroît également la nervosité des marchés, ce qui signifie que la volatilité devrait augmenter. L’indice de volatilité sud-africain (SAVI) a déjà atteint un plus haut de trois mois à 22. Nous y voyons une opportunité d’acheter des options afin de tirer parti d’amplitudes de prix plus marquées dans un sens comme dans l’autre, par exemple via des straddles sur les principales actions sensibles au rand.
Sur les actions, nous anticipons des performances divergentes selon l’exposition au change. Les entreprises dépendantes des importations, comme les distributeurs, subiront une pression sur les marges en raison d’un rand plus faible et de coûts plus élevés. Nous envisagerions d’utiliser des options de vente (puts) sur ces valeurs, tout en privilégiant les titres « couverts » contre le rand, comme les grands groupes miniers qui perçoivent leurs revenus en dollars.
Historiquement, des périodes de détérioration marquée de la balance commerciale, comme lors du repli des matières premières en 2015, ont précédé des phases prolongées de faiblesse du rand. Avec une inflation légèrement supérieure aux attentes, à 5,4 %, la Banque de réserve sud-africaine se retrouve désormais dans une position plus délicate à l’approche de sa prochaine réunion. Cela ajoute une couche de risque supplémentaire que nous devons suivre de près.
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