La désinflation en Europe réoriente l’attention de la gestion d’urgence de l’inflation vers la croissance et la crédibilité budgétaire, alors que les premières données de juin indiquent un ralentissement séquentiel lié à un cessez-le-feu prolongé et à la baisse des prix des matières premières. Les anticipations d’inflation devraient continuer de se détendre, et le débat se déplace vers la capacité des gouvernements à concilier consolidation budgétaire et assouplissement des conditions financières. La Pologne reste sous surveillance : son déficit budgétaire sur l’ensemble de l’année est attendu à 6,8 % du PIB, tandis que 37 % du programme d’emprunt 2024 demeure encore à réaliser.
D’autres publications préliminaires devraient rester modérées dans l’ensemble de la région, avec une inflation (CPI) hongroise attendue à 1,8 % en glissement annuel, sous la cible et sous l’inflation tchèque attendue à 2,1 % en glissement annuel, alors même que la République tchèque n’a pas bénéficié d’une impulsion budgétaire comparable. Les conditions monétaires externes se resserrent également, des anticipations de Fed plus élevées et un ton plus ferme de la BCE limitant l’espace de politique économique en Europe et influençant la dynamique des coûts d’emprunt. Le sommet de l’OTAN à Ankara focalise l’attention sur les arbitrages liés au financement de la défense, alors que la pression monte pour que les alliés européens augmentent leurs dépenses malgré des finances publiques contraintes et une performance plus faible du secteur de la défense, sur fond de vents contraires structurels plus larges.
Les préoccupations budgétaires éclipsent les progrès de la désinflation
Nous constatons que le reflux de l’inflation en Europe déplace l’attention des marchés de la politique monétaire vers la santé budgétaire des États. Les dernières données définitives d’Eurostat confirment que l’inflation de juin a reculé à 1,9 %, mais cette bonne nouvelle est désormais éclipsée par les inquiétudes autour des budgets nationaux. Nous envisageons donc des options de vente (puts) à courte maturité sur l’EUR/USD afin de couvrir les risques baissiers provenant des pays aux positions budgétaires plus fragiles.
Le principal risque est que les conditions financières se détendent, sous l’effet d’une inflation plus faible, plus rapidement que les gouvernements ne resserrent la vis budgétaire, le déficit polonais étant toujours projeté à 6,8 % du PIB. L’écart de rendement entre les obligations d’État polonaises et allemandes à 10 ans s’est récemment creusé au-delà de 320 points de base, reflétant la montée des inquiétudes du marché. Dans ce contexte, les swaps de taux d’intérêt — permettant de se positionner sur un élargissement des spreads souverains — constituent une stratégie intéressante.
Stratégies sectorielles et de volatilité sur fond de catalyseurs politiques
Le prochain sommet de l’OTAN à Ankara introduit un catalyseur politique susceptible d’affecter directement certains secteurs. La pression attendue sur les pays européens pour accroître les dépenses de défense pèsera sur les finances publiques, mais pourrait profiter aux entreprises du secteur. Nous étudions des options d’achat (calls) sur des actions du secteur européen de la défense, qui a déjà vu l’indice STOXX Europe Aerospace & Defense progresser de plus de 11 % depuis le début de l’année.
Au total, la tension entre des données de désinflation favorables et des perspectives budgétaires défavorables plaide pour une volatilité de marché plus élevée dans les prochaines semaines. Avec l’indice de volatilité Euro STOXX 50 (V2X) à un niveau relativement bas de 15, nous estimons que l’achat de futures ou d’options sur le V2X constitue un moyen peu coûteux de se positionner en vue d’un possible pic d’incertitude. Cela permet de tirer profit d’un mouvement de marché significatif, quelle qu’en soit la direction.
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