La confiance des consommateurs américains s’est légèrement améliorée en juin, l’indice de confiance du Conference Board remontant à 91,2 contre 90,6 en mai, après révision à la baisse du chiffre de mai, initialement annoncé à 93,1. Cette progression intervient après le repli récent des prix du pétrole, qui a atténué les inquiétudes liées à l’inflation ressentie par les ménages.
Les appréciations des conditions d’activité actuelles se sont un peu raffermies par rapport à mai, même si la perception du marché du travail s’est dégradée. La part des répondants jugeant les emplois « difficiles à obtenir » a grimpé à 22,5 %, proche du niveau de janvier 2021 (22,8 %), tandis que les anticipations sur le marché du travail à six mois laissent entrevoir peu de changements ; l’amélioration des perspectives concernant l’activité et les revenus a contribué à compenser cette faiblesse. Sur les marchés, le dollar américain (USD) a effacé les pertes de lundi et évoluait près de 101,40.
Faiblesses du marché du travail et implications pour les taux
Ce rapport mitigé sur la confiance des consommateurs suggère une fragilité économique sous-jacente à laquelle il convient de se positionner. Le chiffre en une est légèrement positif, mais la forte hausse de la proportion de consommateurs estimant qu’il est « difficile de trouver un emploi » constitue un signal d’alerte significatif. Nous y voyons un indicateur avancé d’un refroidissement du marché du travail, susceptible d’alimenter une volatilité accrue des marchés dans les prochaines semaines.
La dégradation des perspectives d’emploi est, à nos yeux, l’élément le plus déterminant à ce stade. Le dernier rapport sur l’emploi de mai 2026 a montré un ralentissement des créations de postes à seulement 110 000, et ce baromètre de sentiment confirme que la tendance ne relève pas uniquement des statistiques, mais se fait sentir dans l’économie réelle. Cela place la Réserve fédérale dans une position délicate et augmente la probabilité d’un pivot de politique monétaire vers des baisses de taux avant la fin de l’année.
Dans ce contexte, nous suivons de près les dérivés de taux, en particulier les options sur les contrats à terme indexés sur le Secured Overnight Financing Rate (SOFR). Nous estimons que le marché sous-évalue la probabilité d’une baisse de taux au quatrième trimestre 2026. Se positionner sur une détente des taux via des calls sur SOFR, ou des stratégies de call spreads, sur les échéances décembre 2026 et mars 2027 apparaît comme une approche prudente.
Opportunités de marché et implications pour les devises
La baisse des prix du pétrole — le WTI étant récemment retombé sous 75 dollars le baril, contre plus de 85 dollars en avril — est ce qui empêche le moral de se dégrader davantage. Cela donne à la Fed une marge de manœuvre pour se concentrer davantage sur l’affaiblissement de l’emploi, les tensions inflationnistes liées à l’énergie s’atténuant. Cela renforce notre conviction que le prochain mouvement de la Fed a plus de chances d’être une baisse qu’une hausse.
Sur les marchés actions, cet environnement plaide pour un positionnement défensif. Nous identifions des opportunités via des stratégies en paires au moyen d’options, par exemple acheter des calls sur les valeurs de consommation de base (XLP) tout en achetant des puts sur la consommation discrétionnaire (XLY). Cette stratégie parie sur une priorité accrue donnée aux dépenses essentielles au détriment des achats non indispensables, à mesure que les inquiétudes sur la sécurité de l’emploi s’intensifient.
Si le dollar s’est raffermi à la faveur de la publication, nous pensons qu’il s’agit d’une réaction de court terme. Historiquement, un marché du travail qui se détériore et pousse la Fed à adopter un ton plus accommodant constitue un frein marqué pour le billet vert. Nous utiliserons des options pour nous couvrir — voire tirer parti — d’un possible retournement de la force du dollar au cours des prochaines semaines.
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