L’indice des prix à la consommation (CPI) en Chine a reculé de 0,3 % sur un mois en juin, en deçà des attentes du marché qui tablaient sur une baisse de 0,2 %. Cette publication plus faible que prévu suggère la persistance d’une dynamique de prix domestiques atone à l’entrée du second semestre.
En séquentiel, l’écart par rapport au consensus atteint 0,1 point de pourcentage. Le résultat de juin prolonge le schéma d’une inflation contenue au niveau des ménages et maintient l’attention sur les conditions de demande à court terme ainsi que sur le rythme auquel le pouvoir de fixation des prix se reconstitue dans l’ensemble de l’économie.
Pressions déflationnistes et positionnement de marché
Les données de juin sur les prix à la consommation en Chine confirment ce que nous soupçonnions : la demande intérieure s’essouffle. Cette pression déflationniste constitue un signal clair pour se positionner en faveur d’une poursuite de l’affaiblissement économique. Nous y voyons non pas un chiffre isolé, mais l’accélération d’une tendance persistante.
Cela renforce notre biais vendeur sur les matières premières industrielles. L’indice des prix à la production (PPI) chinois est déjà en territoire négatif depuis près de deux ans, et cette faiblesse côté consommation retire un pilier de soutien important aux prix. Nous envisageons donc d’acheter des options de vente (puts) sur des ETF liés au cuivre ou de vendre des contrats à terme, les cours du cuivre ayant déjà perdu plus de 5 % sur le mois écoulé sur fond de ces mêmes craintes.
Sur le front des changes, cela nous rend plus pessimistes sur les devises liées aux matières premières, en particulier le dollar australien. Historiquement, le taux de change AUD/USD présente une forte corrélation positive avec les indicateurs conjoncturels chinois. Nous renforçons nos positions vendeuses via des contrats à terme, en anticipant une baisse à mesure que le marché intègre cette faiblesse.
Actions, réponse de politique économique et implications mondiales
Pour les actions, la réaction immédiate pourrait être négative ; nous envisageons donc des spreads de puts sur l’indice Hang Seng afin de couvrir le risque de baisse. Toutefois, il faut aussi se préparer à une possible annonce de relance de Pékin. La dernière fois que la PBoC a procédé à une baisse significative des taux début 2026, cela avait provoqué un rally marqué, quoique temporaire.
Nous surveillons donc de très près la Banque populaire de Chine (PBoC) à la recherche de tout signe d’assouplissement, comme une baisse du ratio de réserves obligatoires (RRR). Une telle mesure apparaît désormais très probable et pourrait intervenir au cours des prochaines semaines. Toute communication officielle laissant entrevoir un stimulus devra être interprétée comme un signal pouvant conduire à ajuster notre posture baissière.
Cette déflation « exportée » depuis la Chine pourrait également compliquer la tâche des banques centrales occidentales, en ralentissant potentiellement leurs propres cycles de resserrement. Cela conforte nos positions existantes sur des contrats à terme de dette souveraine à longue maturité. Nous estimons que, à court terme, la trajectoire la plus probable pour la croissance mondiale reste orientée à la baisse.
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