L’EUR/USD s’échangeait en mode défensif sous 1,1200 après la publication des PMI d’octobre de la zone euro, inférieurs aux attentes, tout en restant compatibles avec une phase d’expansion. L’indice composite a reculé à un plus bas de quatre mois à 51,9, contre un consensus à 52,7 et 53,1 en septembre. Dans le détail, les services comme l’industrie ont marqué le pas, et la production du secteur privé français est repassée en territoire de contraction.
L’inflation en zone euro demeure au-dessus de la cible et, combinée à une croissance résiliente, laisse à la Banque centrale européenne une marge de manœuvre pour resserrer davantage sa politique monétaire. Les anticipations de marché intégrées dans les swaps suggèrent près de 75 pdb de hausses supplémentaires, portant le taux de dépôt à 3,25 % sur les 12 prochains mois, ce qui limiterait la divergence de politique monétaire avec la Réserve fédérale et réduirait le handicap pesant sur la monnaie unique. La situation budgétaire de la France a toutefois été identifiée comme un risque baissier susceptible de ramener l’EUR/USD vers 1,1000.
Vents contraires budgétaires croissants et scénarios baissiers sur l’EUR/USD
Nous voyons l’EUR/USD évoluer de manière défensive sous le seuil de 1,1200 à la suite d’un PMI composite de la zone euro plus faible, à 51,9. Avec une production du secteur privé français repassée en contraction et un déficit national qui demeure élevé, proche de 5,5 % du PIB, les vents contraires budgétaires se renforcent. Dans les prochaines semaines, nous suggérons aux opérateurs sur produits dérivés de se positionner pour une poursuite de la faiblesse, en visant des objectifs baissiers à proximité du support de 1,1000.
Même si la persistance de l’inflation laisse à la BCE la possibilité de relever ses taux vers 3,25 %, l’anxiété budgétaire à court terme prend le dessus sur les anticipations de taux. Les marchés de swaps intègrent toujours près de 75 points de base de hausse sur l’année à venir, ce qui limite, sur le long terme, l’ampleur d’un découplage de l’euro face au dollar américain. Nous recommandons aux traders de recourir à des options de vente (puts) ou à des spreads verticaux baissiers afin de tirer parti du momentum à la baisse tout en plafonnant le risque potentiel.
Incertitude budgétaire française et considérations de couverture
Historiquement, lorsque l’écart de rendement des obligations à 10 ans France–Allemagne s’élargit au-delà de 75 points de base, l’euro connaît une hausse de la volatilité baissière face aux principales devises. Dans la mesure où la dette publique française reste élevée, à plus de 110 % du PIB, l’incertitude budgétaire devrait vraisemblablement plafonner les rebonds de l’euro à court terme. Nous conseillons aux opérateurs sur dérivés détenant des positions haussières sur l’euro de resserrer leurs stop-loss au-dessus de 1,1220 ou de se couvrir via des contrats à terme de change vendeurs.
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