Nordea s’attend à ce que la Banque centrale européenne relève ses taux à deux reprises supplémentaires de 25 points de base, avec des hausses anticipées en décembre et en mars 2027, alors même que la valorisation implicite des marchés financiers s’est tendue. La banque relie ce repricing à la hausse rapide des coûts de l’énergie, tandis que l’incertitude autour des développements au Moyen-Orient demeure élevée.
La BCE est toujours perçue comme suivant un rythme de resserrement graduel, au trimestre, cohérent avec les dernières données économiques et la communication de l’institution. Si des pressions inflationnistes plus larges et des effets de second tour sont attendus au fil du temps, la trajectoire est décrite comme orientée à la hausse plutôt que comme une accélération. Cela dit, la récente escalade au Moyen-Orient et une nouvelle progression des prix du gaz ont accru le risque de hausses plus rapides, pouvant éventuellement inclure une action dès la réunion d’octobre.
Opportunités de trading liées aux anticipations de hausses de taux
Nous estimons que les traders sur dérivés devraient se préparer à un rythme de relèvement des taux plus lent que celui actuellement intégré par le marché pour la Banque centrale européenne. Alors que des anticipations agressives sur les marchés suggèrent des hausses rapides en raison des tensions géopolitiques, nous pensons que la BCE s’en tiendra à une cadence trimestrielle graduelle, avec des relèvements de 25 points de base en décembre puis en mars 2027. Cet écart crée une opportunité de premier plan pour tirer parti d’anticipations de taux exagérées sur les marchés des options et des swaps.
Mouvements des prix de l’énergie et implications pour les marchés de dérivés
Les données de marché actuelles montrent que, si les contrats à terme sur le gaz naturel néerlandais TTF ont récemment progressé de plus de 15% pour atteindre environ 40 € par mégawattheure, l’inflation totale en zone euro se maintient autour de 2,5%. Cette hausse des coûts de l’énergie, alimentée par les tensions persistantes au Moyen-Orient, a biaisé les risques à la hausse, mais ne justifie pas l’extrême « fauconnerie » intégrée dans les dérivés de court terme. Historiquement, la BCE a préféré éviter les réactions à chaud face à la volatilité des prix de l’énergie, sauf lorsque celle-ci se répercute directement sur l’inflation sous-jacente et les salaires.
Dans les prochaines semaines, nous suggérons de capitaliser sur cette mauvaise valorisation en ciblant les futures et options sur l’Euribor. Plus précisément, l’achat de contrats Euribor décembre 2026 permettrait de profiter du moment où le marché admettra que la BCE devrait probablement faire l’impasse sur une hausse en octobre. Par ailleurs, la vente de swaptions euro de très courte maturité peut permettre de capter des primes élevées auprès d’intervenants qui surpaient une protection immédiate contre une hausse des taux.
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