L’EUR/USD a peu évolué mardi, se maintenant à quelques pips au-dessus de 1,1400 et évoluant autour du point médian de la fourchette observée sur les quatre dernières semaines. Un léger reflux de l’indice du dollar (DXY) a apporté un soutien, tandis que le contexte sécuritaire dans le Golfe et la hausse des prix du pétrole continuent de limiter la capacité de l’euro à se redresser. Des informations selon lesquelles des médiateurs auraient soumis à l’Iran une proposition de cessez-le-feu de dix jours ont contribué à contenir l’aversion au risque et à limiter une dépréciation supplémentaire.
En Europe, l’attention se porte sur l’enquête ZEW sur le sentiment économique, avant la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne jeudi, où les taux devraient largement rester inchangés. Les opérateurs intègrent déjà une nouvelle hausse de taux en septembre et scruteront la conférence de presse de la présidente Christine Lagarde pour obtenir des indications. L’agenda américain est peu chargé sur la semaine, avec les premières estimations des PMI S&P Global (industrie et services) attendues vendredi. Sur le plan de la structure du marché des changes, l’euro est utilisé par 20 pays de l’UE dans la zone euro et a représenté, en 2022, 31 % des transactions dans un volume quotidien moyen supérieur à 2 200 Md$ ; l’EUR/USD concentre environ 30 % des flux, suivi de l’EUR/JPY (4 %), de l’EUR/GBP (3 %) et de l’EUR/AUD (2 %). La BCE se réunit huit fois par an et vise 2 % d’inflation mesurée par l’IPCH, tandis que l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne représentent 75 % de l’économie de la zone euro.
Gestion du risque dans un contexte de consolidation de l’EUR/USD et d’incertitude géopolitique
Nous recommandons aux traders de dérivés de rester prudents alors que la paire EUR/USD consolide juste au-dessus de 1,1400. La paire évoluant à mi-parcours de son récent rallye mensuel, il convient de se préparer à une volatilité accrue à l’approche de la réunion de la Banque centrale européenne jeudi. Compte tenu du volume quotidien très élevé de l’EUR/USD — qui représente environ 30 % du marché mondial des changes, estimé à 7 500 Md$ — de simples variations de sentiment peuvent déclencher des sorties de range rapides.
Il convient de surveiller de près l’escalade des tensions au Moyen-Orient, en particulier avec la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz et le blocus houthi en mer Rouge. Le détroit d’Ormuz acheminant habituellement plus de 20 millions de barils par jour, soit environ 20 % de la consommation mondiale, toute perturbation prolongée maintiendrait les prix du pétrole à des niveaux élevés. Nous suggérons de recourir à des stratégies sur dérivés, telles que l’achat de calls sur le brut ou de puts sur l’EUR/USD, afin de se couvrir contre un potentiel choc sur les coûts énergétiques susceptible de peser sur l’euro.
Même si les rumeurs d’une proposition de cessez-le-feu de dix jours empêchent pour l’instant une baisse plus marquée de l’euro, nous estimons que ce soutien demeure très fragile. Les données historiques montrent que des pauses géopolitiques temporaires débouchent souvent sur des retournements brusques si les négociations échouent. Les traders pourraient envisager l’achat de straddles ou de strangles de courte maturité sur l’EUR/USD afin de tirer parti de mouvements de prix soudains et violents lorsque l’orientation réelle de ces discussions deviendra plus lisible.
Décision de la BCE, sentiment économique et stratégies face à une volatilité pilotée par les données
La décision de politique monétaire de la BCE jeudi constitue le prochain catalyseur majeur, les marchés se concentrant fortement sur la conférence de presse de la présidente Christine Lagarde pour y déceler des indices sur une hausse des taux en septembre. À ce stade, les marchés de dérivés intègrent une probabilité élevée d’un relèvement de 25 points de base en septembre afin de lutter contre une inflation en zone euro qui demeure persistante. Nous conseillons de se positionner en vue d’une surprise « hawkish » en mettant en place des bull call spreads sur l’euro, notamment si le ZEW sur le sentiment économique en zone euro publié mardi dépasse les attentes.
De l’autre côté de l’Atlantique, il faudra surveiller vendredi les PMI préliminaires S&P Global américains afin d’évaluer la solidité de l’économie. Si le PMI des services américain reste robuste — à l’image des niveaux d’expansion marqués au-delà de 55,0 observés récemment en 2026 — l’indice du dollar pourrait rapidement effacer ses pertes récentes. Il convient de profiter de ce calendrier économique léger en début de semaine pour mettre en place des ordres limites visant à exploiter ces mouvements attendus, guidés par les statistiques.
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