L’EUR/USD a reculé lundi autour de 1,1408, après un pic intrajournalier à 1,1449, les échanges oscillant entre périodes « risk-on » et « risk-off ». En l’absence de publications macroéconomiques majeures, les évolutions au Moyen-Orient ont dicté les flux. L’euro s’était d’abord apprécié, le dollar s’étant assoupli après une information de Reuters selon laquelle des médiateurs auraient proposé une pause de 10 jours des frappes afin de contribuer à relancer l’accord intérimaire États-Unis–Iran, tandis que des responsables des deux camps indiquaient que la voie diplomatique restait possible ; le mouvement s’est ensuite inversé après que Reuters a rapporté que les Houthis yéménites, alignés sur l’Iran, avaient annoncé un blocus naval immédiat contre l’Arabie saoudite, déclenchant un retour vers le dollar.
L’indice du dollar américain (DXY) évoluait autour de 101,00, se redressant après un point bas à 100,65. Le pétrole a atteint son plus haut niveau depuis plus d’un mois, les affrontements entre les États-Unis et l’Iran ayant repris plus tôt en juillet, ce qui maintient au premier plan les risques d’inflation tirés par l’énergie, après le reflux des pressions sur les prix en zone euro comme aux États-Unis en juin. Les marchés s’attendent à ce que la Banque centrale européenne (BCE) maintienne jeudi son taux de facilité de dépôt à 2,25 %, tout en intégrant pleinement une hausse d’ici septembre ; aux États-Unis, l’outil CME FedWatch place la probabilité d’un relèvement des taux par la Réserve fédérale (Fed) en septembre autour de 63 %.
Stratégies d’options et paris sur la volatilité
Nous recommandons aux traders de dérivés de se préparer à une volatilité accrue en recourant à des stratégies de long straddle sur l’EUR/USD. Alors que la paire oscille rapidement entre 1,1400 et 1,1450 au gré des titres sur le Moyen-Orient, l’achat simultané d’options d’achat (calls) et de vente (puts) permet de capter des gains en cas de cassures marquées dans un sens comme dans l’autre. Cette approche est confortée par l’indice de volatilité implicite sur le marché des changes de la zone euro, qui a bondi de plus de 12 % ces derniers jours.
Il convient également d’examiner les options sur taux afin de tirer parti de l’écart de trajectoire monétaire qui se creuse entre la Fed et la BCE. À ce stade, l’outil CME FedWatch indique une probabilité de 63 % d’une hausse des taux américains en septembre, tandis que la BCE devrait maintenir cette semaine son taux de dépôt à 2,25 % avant de relever ses taux ultérieurement. Historiquement, lorsque les probabilités de hausse gravitent autour de 60 %, les primes d’options ont tendance à sous-estimer l’ampleur du mouvement de marché une fois que la banque centrale finit par agir.
Couvertures contre l’inflation et positionnement défensif
Nous conseillons par ailleurs de se couvrir contre un regain d’inflation via des options d’achat longues sur les contrats à terme Brent. Les prix du pétrole sont remontés vers 85 dollars le baril à la suite du blocus naval visant l’Arabie saoudite, au risque de remettre en cause le ralentissement de l’inflation observé en juin. L’inflation de la zone euro restant sensible à l’énergie, un choc de prix d’origine énergétique pourrait rapidement contraindre la BCE à adopter une posture encore plus restrictive que celle actuellement intégrée par le marché.
Enfin, nous suggérons d’utiliser des contrats à terme sur l’indice du dollar (DXY) pour protéger des portefeuilles plus larges contre des changements soudains d’appétit pour le risque à l’échelle mondiale. Le DXY teste actuellement le seuil de 101,00 et pourrait aisément s’inscrire en hausse si la détérioration du contexte géopolitique se confirme. Historiquement, un franchissement durable de cette résistance s’est traduit par une baisse rapide d’environ 1,5 % de l’EUR/USD, ce qui fait de puts à bon compte sur l’euro une protection défensive attractive.
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