
Aperçu
- Les marchés évaluent si le reflux de l’inflation peut ouvrir la voie à des taux d’intérêt plus bas aux États-Unis, sans affaiblir l’objectif principal de la Réserve fédérale (Fed) : ramener l’inflation vers 2% (sa cible de long terme).
- Les publications d’inflation au Canada, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni dominent le calendrier, avec la conférence de presse de la BCE (Banque centrale européenne).
- L’or, le dollar et les principales paires de devises réagissent surtout aux anticipations de politique monétaire (décisions de banques centrales sur les taux et le crédit), plus qu’aux changements immédiats de taux.
- Les investisseurs doivent surveiller si les niveaux graphiques clés (supports et résistances, c’est-à-dire des zones de prix où le marché a souvent rebondi ou buté) tiennent, avant les rendez-vous américains de la semaine prochaine : communiqué du FOMC (comité de la Fed), PIB américain et inflation Core PCE (indice PCE hors énergie et alimentation, mesure privilégiée par la Fed).
La stratégie de politique monétaire de Kevin Warsh se précise
La semaine dernière a permis aux investisseurs de mieux comprendre comment le président de la Fed, Kevin Warsh, compte piloter la politique monétaire au second semestre. Sans annoncer la prochaine décision de taux, il a insisté sur la souplesse : la trajectoire dépendra des prochaines statistiques, et non d’un plan annoncé à l’avance.
Cette approche tranche avec la communication de la Fed par le passé. Les dernières réunions ont donné lieu à des communiqués plus courts, moins de projections et moins de « forward guidance » (indications sur la suite, destinées à orienter les anticipations de marché). L’objectif n’est plus de préparer à un scénario figé, mais de conserver de la marge de manœuvre alors que l’inflation et l’activité évoluent.
L’inflation reste la priorité
Malgré un net recul depuis ses plus hauts, l’inflation reste au-dessus de la cible de long terme de la Fed. Warsh répète que la priorité est de rétablir la confiance dans la stabilité des prix avant d’envisager une politique plus accommodante (c’est-à-dire plus favorable au crédit et à la croissance).
Plutôt que de faire baisser rapidement les coûts d’emprunt via des décisions agressives, la Fed semble préférer laisser les anticipations d’inflation s’améliorer progressivement. Si entreprises, ménages et investisseurs se convainquent que l’inflation revient vers 2%, les conditions financières (taux, crédit, coût du financement) pourraient s’assouplir graduellement, sans entamer la crédibilité de la Fed.
Warsh semble aussi distinguer les chocs temporaires de prix (hausse ponctuelle de l’énergie ou de certains coûts technologiques) d’une inflation plus générale. Une hausse isolée ne justifie pas forcément un durcissement monétaire, sauf si elle se diffuse aux salaires, aux services (inflation des services, souvent plus persistante) et aux anticipations d’inflation à long terme.
Au-delà des taux d’intérêt
Autre pilier de la stratégie : le bilan de la Fed. Après des années d’assouplissement quantitatif (quantitative easing, achats d’actifs à grande échelle), la banque centrale détient des milliers de milliards de dollars de titres publics. Réduire progressivement ces positions (réduction du bilan, qui retire de la liquidité du système) tout en baissant ensuite les taux pourrait maintenir une politique restrictive (freinant l’inflation) sans dépendre uniquement du taux directeur.
La productivité prend aussi plus d’importance dans l’analyse de la Fed. Les investissements dans l’intelligence artificielle, l’automatisation et les infrastructures peuvent augmenter la production de l’économie, ce qui peut limiter les pressions inflationnistes à long terme.
Avec la révision en cours du cadre de politique monétaire (la manière dont la Fed fixe ses objectifs et communique), ces éléments indiquent une évolution de la méthode, plus qu’un simple débat sur le moment de monter ou baisser les taux.
Une semaine encore dominée par les chiffres d’inflation
L’attention se porte désormais sur une nouvelle série de publications d’inflation dans les grandes économies.
Le Canada ouvre la semaine avec son CPI mensuel (indice des prix à la consommation, mesure de l’inflation). Suivra la publication trimestrielle en Nouvelle-Zélande, puis l’inflation au Royaume-Uni. Jeudi, la conférence de presse de la BCE sera au centre de l’attention.
Ces statistiques ne déterminent pas directement la politique monétaire américaine, mais elles influencent les anticipations de taux mondiaux et la perception d’une possible coordination (ou divergence) entre banques centrales.
Les marchés commenceront aussi à se positionner avant les grands rendez-vous américains de la semaine prochaine : communiqué du FOMC, estimation avancée du PIB et inflation Core PCE (PCE hors énergie et alimentation), qui devraient peser sur les anticipations pour le reste de 2026.
Trois scénarios de marché à surveiller
Trois trajectoires sont possibles cette semaine, au gré des chiffres d’inflation et des anticipations de taux.
Premier scénario : l’inflation continue de ralentir. Des chiffres plus faibles renforceraient l’idée que les banques centrales se rapprochent d’un assouplissement, ce qui favorise souvent l’or et pèse sur le dollar.
Deuxième scénario : une inflation « collante » (sticky, c’est-à-dire durablement élevée et lente à reculer). Des chiffres supérieurs aux attentes pourraient repousser l’hypothèse de baisses de taux, soutenir le dollar et mettre sous pression l’or et les actifs risqués (actions, crédit, etc.).
Troisième scénario : des « cassures » techniques (breakouts, franchissement net d’un support ou d’une résistance). À l’approche de la réunion du FOMC, il faut surveiller si l’or, l’indice du dollar (US Dollar Index) et le S&P 500 franchissent des niveaux clés, car cela peut orienter la tendance avant une semaine chargée en données américaines.
Symboles clés à suivre
USDX | XAUUSD | EURUSD | SP500 | BTCUSD
| Date | Devise | Événement | Prévision | Précédent | Commentaire analyste |
| 20 Jul | CAD | CPI m/m (inflation mensuelle) | -0.20% | 1.00% | Une inflation plus faible pourrait peser sur le dollar canadien et renforcer l’idée d’une politique monétaire plus souple. |
| 21 Jul | NZD | CPI y/y (inflation sur un an) | 1.50% | 0.90% | Une inflation plus élevée pourrait soutenir le dollar néo-zélandais si les tensions sur les prix persistent. |
| 22 Jul | GBP | CPI y/y (inflation sur un an) | 2.70% | 2.80% | Un ralentissement de l’inflation pourrait conforter l’idée d’un assouplissement futur de la Banque d’Angleterre. |
| 23 Jul | EUR | Taux principal de refinancement | 2.40% | 2.40% | Le marché s’attend à des taux inchangés. Un changement de discours (indications sur la suite) pourrait accroître la volatilité sur l’euro et les actions européennes. |
Principaux mouvements de la semaine
USDX

- L’indice du dollar s’est nettement repris depuis la zone des 100,05.
- Le cours vise 100,75, puis potentiellement 101,05.
- Le dollar pourrait rester solide si l’inflation résiste.
EURUSD

- L’EURUSD reste inscrit dans une structure baissière (tendance générale orientée à la baisse).
- Le support près de 1,1415 est le premier objectif vers le bas.
- Des tentatives de rebond avortées vers 1,1510 pourraient offrir de nouvelles opportunités de vente.
USOIL

- Le pétrole US a repris sa tendance haussière après avoir tenu au-dessus du support à 81,10, sans revenir vers 76,15.
- Une hausse durable pourrait conduire à un test de la résistance autour de 85,75.
- Maintenir la dynamique au-dessus du support conforterait le scénario haussier.
XAUUSD (or)

- L’or a rebondi après avoir trouvé un support vers 3960, après une phase de faiblesse.
- La dynamique reste favorable tant que le cours tient au-dessus du support, avec 4060 comme prochain niveau haussier.
- Les variations des anticipations de taux américains devraient rester le principal moteur.
SP500

- L’indice n’a pas réussi à dépasser 7594 et a reflué vers 7455.
- Un passage durable sous 7428 pourrait accentuer la baisse.
- Les investisseurs en actions doivent suivre les chiffres d’inflation et les rendements des bons du Trésor américain (Treasuries, la dette d’État des États-Unis).
BTCUSD

- Le bitcoin s’est repris après la récente pression vendeuse.
- La résistance se situe près de 65720, tandis que 63920 constitue un support majeur.
- La volatilité (variations rapides des prix) peut augmenter à mesure que les statistiques macroéconomiques influencent l’appétit pour le risque.
Conclusion
Les marchés ouvrent la semaine partagés entre l’amélioration de la tendance de l’inflation et la prudence des banques centrales, qui ne veulent pas déclarer victoire trop tôt. L’accent mis par Kevin Warsh sur la souplesse, la crédibilité et la productivité suggère que les décisions dépendront des prochaines données, plutôt que d’un scénario annoncé. Les chiffres d’inflation au Canada, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, ainsi que la conférence de presse de la BCE, devraient influencer le sentiment avant les grands rendez-vous américains de la semaine prochaine : communiqué du FOMC, PIB et inflation Core PCE. L’or, le dollar et les actions mondiales devraient rester très sensibles à l’évolution des anticipations de taux.
FAQ
Q1 : Quel est le principal sujet pour les marchés cette semaine ?
Les investisseurs se concentrent sur les publications d’inflation au Canada, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, ainsi que sur la conférence de presse de la BCE. Ces éléments influencent les anticipations sur la manière dont les banques centrales ajusteront les taux à l’avenir.
Q2 : Pourquoi la communication de la Fed évolue-t-elle ?
La Fed s’éloigne d’une ligne directrice préétablie (dire à l’avance ce qu’elle fera). Elle préfère une approche flexible, entièrement guidée par les données économiques à venir.
Q3 : Quels facteurs la Fed surveille-t-elle, au-delà des taux ?
La Fed suit de près la réduction de son bilan, c’est-à-dire la baisse de ses détentions de titres publics, afin de garder une politique restrictive sans s’appuyer uniquement sur les hausses de taux. Elle surveille aussi la productivité : les investissements dans l’automatisation, l’IA et les infrastructures peuvent augmenter la production et réduire l’inflation à long terme.
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