L’EUR/USD est resté solide malgré la hausse des prix du pétrole, les écarts de rendement ayant évolué en faveur de l’euro. Les taux de swaps en zone euro ont progressé d’environ 7 à 8 pb de plus que les taux américains de court terme, reflétant l’anticipation d’un nouveau relèvement de la BCE lors de sa réunion de septembre. Les marchés monétaires valorisent actuellement ce mouvement à +22 pb. Les minutes de la BCE de la réunion du 11 juin, conjuguées à la hausse des prix de l’énergie, devraient orienter les anticipations de taux à court terme.
L’attention reste toutefois largement focalisée sur la narration de la Fed, qui devrait donner le ton de la séance. Dans ce contexte, les gains initiaux de la paire paraissent fragiles, avec un potentiel de repli de l’euro sous 1,14. Par ailleurs, le président Trump a de nouveau évoqué le Groenland lors de la conférence de l’OTAN, une référence associée au contrecoup observé en janvier sur les marchés d’actifs américains de la part d’investisseurs européens, même si le lien avec l’évolution de l’EUR/USD demeure incertain.
Résilience de l’euro portée par les anticipations de taux
Nous constatons que l’EUR/USD a bien résisté et s’échange actuellement autour de 1,1425, malgré la hausse des coûts de l’énergie. Cela s’explique par la surperformance des swaps de taux de la zone euro par rapport à leurs équivalents américains, intégrant un relèvement de 22 points de base du taux de la BCE en septembre. Selon nous, cette résilience a peu de chances de perdurer au cours des prochaines semaines.
La politique de la Fed et la vigueur du dollar devraient dominer
Nous estimons toutefois que la trajectoire de politique monétaire de la Réserve fédérale constituera le moteur le plus puissant. Le rapport sur l’emploi non agricole (NFP) publié la semaine dernière a fait état d’une progression robuste de 255 000 emplois en juin, et la dernière donnée d’inflation Core PCE s’est établie à 2,9 %, légèrement au-dessus du consensus. Cela renforce l’argument en faveur d’une Fed restrictive plus longtemps, éclipsant la narration autour de la BCE.
Au vu de ces perspectives, nous voyons une opportunité de se positionner pour un affaiblissement de l’euro face au dollar. L’achat d’options put EUR/USD avec des prix d’exercice autour de 1,1350 ou 1,1300, échéance fin juillet ou août, pourrait constituer une stratégie prudente pour tirer parti d’un passage sous le seuil de 1,1400.
La récente envolée du brut WTI au-delà de 85 dollars le baril et le ton attendu, plutôt restrictif, des minutes de la BCE du 11 juin devraient maintenir solidement ancrées les probabilités d’une hausse en septembre. Historiquement, toutefois, une surperformance durable de l’économie américaine tend à renforcer le dollar bien davantage qu’une seule hausse de taux anticipée de la BCE ne peut soutenir l’euro. Nous considérons toute appréciation de l’euro à la faveur des minutes de la BCE comme une opportunité temporaire pour initier des positions baissières.
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