Le GBP/USD a enchaîné huit clôtures quotidiennes consécutives en hausse, grimpant depuis les environs de 1,3150 pour venir tester sa moyenne mobile exponentielle (EMA) à 200 jours, avec l’EMA à 50 jours juste en dessous et 1,3400 en point de mire. Lundi, la paire s’est stabilisée autour de 1,3350 à Londres avant de progresser jusqu’à un peu moins de 1,3400. Le mouvement s’est maintenu malgré des commentaires restrictifs (hawkish) de la Fed et des statistiques solides sur les services américains, ce qui donne à la hausse des allures de débouclage mené par le dollar plutôt que d’une nouvelle réévaluation de la livre.
Ce retournement a pris de l’ampleur après la publication des NFP de juin à 57 000, contre des attentes supérieures à 100 000, et les marchés de taux intègrent désormais environ trois chances sur quatre d’un statu quo en juillet. La politique britannique s’est stabilisée après la démission du Premier ministre le 22 juin, avec l’ouverture des candidatures jeudi et une clôture le 16 juillet, permettant, en cas d’absence de concurrence, l’installation d’un nouveau dirigeant dès le 17 juillet. La BoE a maintenu son taux à 3,75 % le 18 juin, par 7 voix contre 2, deux membres ayant souhaité 4,00 %, tandis que l’inflation ressort à 2,8 % et la Banque la projette au-delà de 3 % d’ici l’automne. Les principaux risques à l’agenda incluent le Financial Stability Report à 09h30 GMT mardi, une intervention d’un membre du MPC à 14h15, les minutes du FOMC à 18h00 mercredi, et les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis attendues autour de 220 000 à 12h30 jeudi ; les résistances se situent à 1,3400 puis 1,3450 et 1,3500, avec des supports à 1,3350, 1,3300, 1,3250 et 1,3150.
Facteurs moteurs du rallye GBP/USD
Nous avons vu le GBP/USD progresser pendant six séances d’affilée, dans un mouvement régulier depuis la zone de 1,2550 jusqu’au test de la moyenne mobile à 200 jours autour de 1,2750. Cette avancée s’est produite malgré des signaux économiques contrastés, ce qui suggère que l’élan haussier ne tient pas uniquement à de bonnes nouvelles pour la livre. Le mouvement reflète davantage un dollar américain qui semble perdre de sa vigueur.
Le rallye paraît davantage lié à un affaiblissement du dollar qu’à une envolée de la livre. La semaine dernière, l’indice Core PCE des prix pour mai est ressorti à 2,6 % en glissement annuel, au plus bas depuis début 2021, ce qui a nettement refroidi les anticipations d’une nouvelle hausse de taux de la Réserve fédérale. D’après les marchés de taux, via l’outil CME FedWatch, la probabilité que la Fed laisse ses taux inchangés jusqu’à la réunion de septembre est désormais proche de 70 %, un changement majeur par rapport à il y a seulement quelques semaines.
Du côté de la livre, le récit reste celui d’une inflation tenace et d’une banque centrale qui ne peut pas se permettre de relâcher son vigilance. Les dernières données d’inflation (CPI) au Royaume-Uni ont montré que l’inflation des services demeure persistante à 5,5 %, maintenant la pression sur la Banque d’Angleterre même si l’inflation globale a reculé. La dernière décision de taux s’est soldée par un vote de 6 contre 3 en faveur du statu quo à 4,50 %, mais le fait que trois membres aient voté pour une hausse souligne à quel point la banque centrale est proche de resserrer de nouveau sa politique.
Implications de trading et risques d’événements
Pour les traders de dérivés, cela suggère que la vente de protection à la baisse ou la mise en place de stratégies avec un biais haussier peut être pertinente. Nous estimons que la vente de puts hors de la monnaie, par exemple des options de strike 1,2600 arrivant à échéance fin juillet, offre un moyen d’encaisser une prime tout en exprimant l’idée que la paire conservera ses gains récents. Cette stratégie bénéficie à la fois de la tendance haussière et de la décroissance temporelle.
Les événements clés de la semaine pourraient perturber cette dynamique ; il convient donc de rester vigilant. Le chiffre de PIB mensuel du Royaume-Uni, vendredi, constitue un premier test, avant l’important rapport d’inflation CPI aux États-Unis mardi prochain. Une surprise haussière sur l’inflation américaine représente la menace la plus immédiate pour le rallye en cours, car elle raviverait rapidement les spéculations sur un relèvement des taux de la Fed.
La résistance est solide dans la zone de 1,2750, qui englobe également la moyenne mobile à 200 jours et fait office de plafond depuis deux mois. Le support se situe d’abord autour de 1,2700, avec un niveau plus important à 1,2650 ; une cassure en dessous remettrait en cause notre scénario. D’ici là, nous restons à l’aise avec une stratégie d’achats sur repli tant que la trame fondamentale — dollar faible et Banque d’Angleterre restrictive — demeure intacte.
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