Le WTI a effacé la prime de guerre au cours des trois dernières semaines et évolue près de 68,50 $, tandis que le Brent s’approche de 72,00 $ ; tous deux se situent à quelques dollars au-dessus des niveaux d’avant-guerre et restent presque 40 % sous les sommets de mars. À la suite d’un accord intérimaire conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran, le trafic maritime via le détroit d’Ormuz s’est normalisé et l’action des prix s’est resserrée à mesure que la prime de risque s’est dissipée. L’écart Brent–WTI s’est stabilisé autour de 3,50 $, revenant à une logique de prix « fret et qualité ».
L’OPEP+ a accepté de relever les quotas d’août de 188 kb/j, prolongeant une remise sur le marché planifiée de 940 kb/j depuis le conflit, alors même que la production du Golfe continue de se redresser après des pertes d’environ 6 Mb/j au pic de la perturbation. Les Émirats arabes unis sont sortis du système de quotas, tandis que les États-Unis poursuivent une libération de 172 millions de barils issus de la SPR et que l’offre domestique a atteint un record proche de 14 Mb/j en mai. La courbe du Brent est passée en contango, avec un spread à six mois autour de -56 cents, et l’OPEP a abaissé sa prévision de croissance de la demande en 2026 sous 1 Mb/j. Les prochains tests incluent les stocks de l’EIA mercredi à 14h30 GMT, les minutes du FOMC à 18h00 GMT, et une réunion OPEP+ le 2 août ; les niveaux clés incluent des résistances à 70,00 $ et 72,00 $ pour le WTI, 74,00 $ pour le Brent, et des supports à 67,50 $, 65,00 $ et les bases de février près de 62,00 $ pour le WTI et 66,50 $ pour le Brent.
Évolutions fondamentales de l’offre et de la demande
Nous constatons que la prime de guerre s’est totalement évaporée des prix du pétrole brut, ramenant le WTI près de sa base de février autour de 68,50 $. Le marché ne se traite plus sur la crainte géopolitique, mais se voit désormais contraint de faire face aux fondamentaux simples de l’offre et de la demande. Pour nous, cela signifie que le biais le plus probable est désormais orienté à la baisse.
L’offre augmente depuis plusieurs fronts, exerçant une pression baissière sur les prix. Des données récentes montrent que la conformité de l’OPEP+ aux quotas de production s’est dégradée, certains membres clés augmentant leur production pour gagner des parts de marché. Dans le même temps, les États-Unis continuent de libérer des barils de leur Réserve stratégique de pétrole (SPR) et la production domestique reste proche de records, à presque 14 millions de barils par jour.
Parallèlement, les signaux de demande s’affaiblissent, en particulier du côté des grands consommateurs. Les dernières données PMI manufacturières en Chine sont repassées sous 50, signalant une contraction de l’activité industrielle et donc une moindre consommation d’énergie. Aux États-Unis, si le marché du travail demeure stable, une légère remontée du taux de chômage à 4,1 % conduit des analystes à réduire leurs prévisions de demande maximale pour la saison estivale des déplacements.
Positionnement de marché et perspectives
Le marché des futures confirme ce scénario baissier, avec une courbe du Brent désormais fermement en contango. Le contrat décembre 2026 se négocie avec une prime de plus de 1,00 $ par rapport au contrat du premier mois, ce qui signifie que le marché nous paie pour stocker du pétrole. C’est un signal clair de surabondance à court terme et d’un manque d’acheteurs immédiats.
Dans ce contexte, nous considérons toute remontée vers le seuil des 70,00 $ sur le WTI comme une opportunité d’initier des positions baissières. L’achat d’options put avec des prix d’exercice sous 67,00 $ pourrait offrir un moyen peu coûteux de profiter d’un éventuel repli vers les plus bas de février, proches de 62,00 $. La vente d’options call hors de la monnaie ou la mise en place de spreads de type bear call au-dessus de la résistance à 72,00 $ constitue une autre stratégie pour générer du revenu tout en conservant un biais baissier.
Le rapport hebdomadaire de l’EIA sur les stocks mercredi est un catalyseur majeur, d’autant que le rapport de la semaine dernière a fait état d’une hausse surprise de 3,1 millions de barils. Une nouvelle hausse significative confirmerait l’excédent d’offre et pousserait probablement les prix sous les supports récents. Le ton restrictif (hawkish) de la dernière réunion de la Réserve fédérale soutient également un dollar américain fort, ce qui constitue un vent contraire direct pour les prix du pétrole.
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