Le GBP/JPY est resté mardi dans une fourchette étroite et a peiné à prolonger la hausse de lundi, les marchés restant en alerte face à une possible action des autorités japonaises après que le yen a inscrit un nouveau plus bas de 40 ans face au dollar américain. La paire s’échangeait près de 214,70, au voisinage de sommets de deux semaines. Le secrétaire général du Cabinet japonais, Minoru Kihara, a réaffirmé que les responsables sont prêts à intervenir sur le marché des changes si nécessaire, tout en évitant toute référence à des niveaux précis.
Le Japon a dépensé plus de 11 700 milliards de yens en interventions de change depuis le début de l’année, mais le yen est resté sous pression, l’écart de taux d’intérêt avec les autres grandes économies continuant d’alimenter les stratégies de portage (carry trades). La Banque du Japon s’est légèrement éloignée de sa politique ultra-accommodante, avec une hausse des rendements des JGB, mais cet ajustement n’a pas enrayé la baisse de la devise : lors de sa dernière réunion, la BoJ a relevé son taux directeur de 25 points de base à 1,0 % et a signalé de nouveaux resserrements, à un rythme toutefois mesuré. Au Royaume-Uni, les chiffres du PIB ont apporté un soutien limité à la livre sterling : l’économie a progressé de 0,6 % en glissement trimestriel au T1 2026, tandis que la croissance annuelle a été révisée à 0,9 %, contre 1,1 %.
Écarts de taux d’intérêt et soutien fondamental
Nous considérons que l’écart de taux d’intérêt entre le Royaume-Uni et le Japon constitue le principal soutien de cette paire, qui évolue actuellement près de ses plus hauts de deux semaines. Avec un taux de la Banque d’Angleterre maintenu à 5,25 % face à 1,0 % pour la Banque du Japon, l’écart de 425 points de base continue d’inciter aux stratégies de portage. Cette pression fondamentale a peu de chances de disparaître à court terme.
Risque d’intervention et stratégies de trading
Nous estimons toutefois que le risque d’une intervention directe des autorités japonaises est extrêmement élevé à ces niveaux, alors que le yen évolue à un plus bas de 40 ans face au dollar. Historiquement, ce type d’action peut être soudain, comme en septembre 2022, lorsque l’intervention avait provoqué un renforcement rapide du yen de 3 à 4 % en quelques heures. Les 11 700 milliards de yens déjà engagés cette année témoignent d’une volonté d’agir, même si les effets ont été temporaires.
Cela crée un face-à-face tendu, suggérant qu’un mouvement de prix significatif est plus probable qu’une poursuite de l’évolution en range. Nous privilégions donc des stratégies profitant d’un pic de volatilité, comme l’achat de straddles sur options pour les prochaines semaines. De telles positions bénéficieraient d’un mouvement marqué dans un sens comme dans l’autre, qu’il s’agisse d’une cassure haussière ou d’une baisse soudaine déclenchée par une intervention.
Pour ceux qui détiennent déjà des positions longues, nous voyons une opportunité dans la vente d’options d’achat hors de la monnaie, avec des strikes au-dessus de 216,00. Cette approche permet d’encaisser une prime, en tirant parti d’une volatilité implicite élevée, qui a récemment dépassé 12 % sur les échéances à un mois. Elle revient à rémunérer l’attente tout en définissant un niveau auquel les intervenants acceptent de prendre leurs bénéfices, en se couvrant contre le risque d’un retournement brutal.
Commencez à trader dès maintenant — cliquez ici pour créer votre compte réel VT Markets.