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Revue mensuelle des marchés : bilan de mars 2026 et perspectives pour avril

by VT Markets
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Aug 11, 2026
Analyste Ross

En mars, les marchés sont devenus beaucoup plus nerveux en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, ce qui a poussé les investisseurs à réduire le risque (on vend les actifs risqués au profit des actifs jugés plus sûrs). Ce bilan mensuel couvre le marché des devises (forex), les métaux, le pétrole, les indices boursiers et les cryptomonnaies, en mettant l’accent sur l’effet du risque de guerre, des prix de l’énergie et du report des attentes de baisse des taux (quand le marché croit que les banques centrales baisseront leurs taux plus tard que prévu) sur la direction des marchés avant avril.

Bilan des marchés en mars

Mars a marqué un changement clair de ton. Alors que février avait surtout été une période de stabilisation (peu de direction), mars a réagi fortement aux nouvelles, avec l’escalade des tensions entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Les marchés sont passés des mouvements dans une fourchette (prix qui oscillent entre deux niveaux) à une posture plus défensive, les investisseurs ajustant rapidement leurs positions au fil des événements.

L’énergie a été le premier canal de ce réajustement des prix. Le pétrole a bondi, car les traders ont intégré un risque plus élevé de perturbation de l’offre au Moyen-Orient et dans le détroit d’Ormuz (passage maritime clé pour le transport de pétrole). Ce mouvement s’est ensuite étendu au reste de l’économie. Des prix du pétrole plus élevés ont ravivé les craintes d’inflation (hausse générale des prix), réduit les attentes d’un assouplissement rapide des banques centrales (baisse des taux), et renforcé l’idée de taux élevés plus longtemps, surtout aux États-Unis (Fed).

Résultat : en mars, la hausse « défensive » du dollar américain, la pression sur les métaux précieux, la baisse mesurée des actions et des cryptos coincées dans une fourchette, mais instables, provenaient d’un même facteur. Mars a moins été une détérioration de l’économie qu’un repricing du risque (réévaluation rapide des prix pour refléter un nouveau niveau d’incertitude) dans un contexte géopolitique plus instable.

Principales devises

Les devises (FX/forex) sont restées globalement en fourchette en mars, mais l’avantage a tourné vers le dollar américain.

Le USD a été soutenu par la demande de valeur refuge (on achète ce qui est perçu comme plus sûr en période de stress) et par la révision des attentes envers la Fed. Avec la hausse du pétrole et le retour du risque d’inflation, le marché a repoussé la date possible des baisses de taux aux États-Unis. Cela a maintenu le dollar solide, même si la plupart des grandes paires n’ont pas cassé en tendance (mouvement directionnel durable).

EURUSD a illustré cet équilibre. La paire est restée coincée dans une fourchette, la force du dollar compensant des données de la zone euro faibles, mais relativement stables. La volatilité à court terme (amplitude des variations de prix) a augmenté au gré des nouvelles géopolitiques, mais sans mouvement durable. Les prix ont donc été saccadés plutôt que directionnels.

Le marché des devises semble encore davantage guidé par le sentiment (humeur des investisseurs) que par des changements majeurs dans l’économie locale. Ça pourrait changer en avril si la hausse de l’énergie se reflète plus clairement dans les données d’inflation et dans les attentes sur les taux.

Fig. 1 : Graphique EURUSD sur 4 heures montrant une évolution en fourchette malgré la force générale du USD

Le mouvement des prix indique que le marché respecte encore des niveaux horizontaux de soutien et de résistance (zones où le prix a tendance à rebondir ou à bloquer) plutôt que de partir en tendance. Une sortie nette de la fourchette signalerait une lecture macroéconomique plus tranchée.

À surveiller : le dollar garde-t-il son attrait de valeur refuge si les tensions au Moyen-Orient restent élevées en avril?

Métaux populaires

L’or et l’argent ont été sous pression en mars, malgré la hausse du stress géopolitique.

Normalement, l’escalade d’un conflit soutient la demande de métaux refuges (métaux précieux). Cette fois, l’effet a été dominé par un USD plus fort, des rendements réels en hausse (rendements des obligations une fois l’inflation soustraite) et le recul des attentes de baisse des taux de la Fed. Quand le marché repousse les baisses de taux, le coût d’opportunité augmente : détenir des métaux qui ne versent pas d’intérêt devient moins attrayant, ce qui limite la hausse.

L’or a reculé, alors que les investisseurs privilégiaient la liquidité (facilité de convertir en argent) et la conservation de trésorerie plutôt qu’un positionnement défensif traditionnel. L’argent a subi les mêmes vents contraires, avec en plus des inquiétudes sur la demande industrielle. Si un conflit prolongé augmente les coûts d’énergie et pèse sur la croissance, la demande d’argent, plus liée au cycle économique, devient plus difficile à soutenir.

Les deux métaux ont donc été davantage guidés par les attentes de politique monétaire (orientation des taux) et par les rendements réels que par de simples flux de valeur refuge.

Fig. 2 : Graphique de l’argent sur 4 heures montrant une pression baissière persistante en mars

La structure en canal suggère que les rebonds étaient surtout correctifs (rebonds temporaires) plutôt que de vrais mouvements haussiers. Tant que le prix ne casse pas au-dessus de la ligne supérieure du canal, le ton reste prudent.

À surveiller : un USD plus faible ou des rendements en baisse permettraient-ils aux métaux de se stabiliser en avril?

Le pétrole mène la danse

Le pétrole a été le marché phare de mars.

Les prix du brut ont bondi, car la montée des tensions au Moyen-Orient a ramené une prime géopolitique (surplus de prix lié au risque de conflit) dans l’énergie. Les inquiétudes visaient le détroit d’Ormuz, les infrastructures énergétiques régionales et le risque qu’un conflit plus large perturbe une part importante de l’offre mondiale. Le brut a ainsi dépassé les 100 $ US le baril et est resté très sensible à chaque nouveau développement.

Ce mouvement a eu un impact bien au-delà de l’énergie. La hausse du brut a nourri les attentes d’inflation et compliqué la trajectoire des banques centrales. Au lieu d’anticiper plus facilement des baisses de taux, le marché a dû intégrer le risque qu’une nouvelle inflation énergétique retarde le soutien monétaire.

Le gaz naturel a aussi grimpé, les traders évaluant les risques liés à la sécurité de l’offre. Même avec des libérations de réserves stratégiques (stocks publics utilisés en urgence) et des tentatives de calmer les marchés, la prime de risque s’est maintenue, car la situation restait changeante.

Fig. 3 : Graphique du pétrole sur 4 heures montrant le bond de mars et le maintien près de 100 $

Le graphique montre qu’après la poussée initiale, le prix est resté élevé au lieu de tout effacer (recul complet). Cela suggère que la prime géopolitique est encore présente.

À surveiller : le pétrole peut-il se maintenir au-dessus de 100 $ au début d’avril? Si oui, les craintes d’inflation resteront au premier plan.

Moins de liquidité sur les indices

Les marchés boursiers mondiaux ont reculé en mars, mais la baisse est restée ordonnée.

Le repli reflétait surtout une réévaluation du risque, pas de la panique. Les investisseurs ont réduit leur exposition (positions) en réponse à l’énergie plus chère, aux rendements plus élevés et à l’incertitude géopolitique, surtout dans les titres de croissance et la techno. Le climat n’est toutefois pas devenu chaotique. La liquidité (facilité d’acheter/vendre sans trop bouger le prix) est restée correcte, les données économiques ne se sont pas effondrées et les ventes se sont faites graduellement.

Ce point est important. Mars n’a pas montré une liquidation généralisée (ventes forcées partout) typique d’une vraie rupture de marché. On a plutôt vu une révision prudente des valorisations (prix vs bénéfices attendus) et de l’appétit pour le risque dans un contexte macro plus difficile.

Le Nasdaq a bien illustré ce changement. Le prix a commencé à passer sous une zone de soutien clé, mais la structure ressemble davantage à une faiblesse sous pression qu’à une capitulation (abandon massif). Le prochain mouvement dépendra surtout de la durée de la hausse des rendements et du pétrole en avril.

Fig. 4 : Graphique quotidien du Nasdaq montrant un soutien sous pression, avec un sentiment de risque en baisse

La cassure vers le bas compte, mais le marché ne montre pas encore de désordre complet. Si le soutien cède clairement, la baisse pourrait s’accentuer. Si les acheteurs stabilisent la zone, mars pourrait rester une remise à zéro contrôlée.

À surveiller : la hausse des coûts d’énergie et de financement (coût d’emprunt) pèse-t-elle davantage sur la techno et les leaders de l’IA en avril?

Crypto en pause

Les cryptomonnaies sont restées globalement en fourchette en mars, malgré les tensions géopolitiques.

Le bitcoin a connu des mouvements brusques liés aux nouvelles, sans cassure durable dans un sens ou dans l’autre. Le marché est resté en consolidation (phase de pause où le prix oscille), comme d’autres actifs risqués. Les investisseurs ont réagi aux manchettes, mais les conditions macroéconomiques et le positionnement (niveau d’exposition déjà en place) ont davantage compté que la géopolitique seule.

Un dollar plus fort et des rendements réels en hausse ont réduit l’intérêt pour les actifs sans rendement (actifs qui ne versent pas d’intérêt), dont les cryptos. En parallèle, certains investisseurs institutionnels (grands acteurs comme fonds et gestionnaires) semblent avoir augmenté leur encaisse et réduit leur risque. Contrairement à d’autres épisodes, le bitcoin n’a pas attiré durablement les flux de valeur refuge.

Les cryptos sont donc restées en attente : de la volatilité, mais peu de conviction.

Fig. 5 : Graphique quotidien du bitcoin montrant une consolidation tout au long de mars

La fourchette tient, le prix respectant la borne haute et la borne basse. Une cassure au-dessus de la résistance (niveau qui bloque la hausse) améliorerait la perspective à court terme, tandis qu’un rejet maintient un marché latéral.

À surveiller : la pression macroéconomique baisse-t-elle assez pour permettre une sortie de consolidation en avril?

Premiers signaux à surveiller en avril 2026

Avril s’ouvre sur la même question qu’en mars : la crise au Moyen-Orient s’aggrave-t-elle ou se calme-t-elle?

La réponse compte pour toutes les grandes catégories d’actifs. Un début de désescalade réduirait probablement la prime de risque dans le pétrole, atténuerait les craintes d’inflation et donnerait plus de marge aux banques centrales. Cela favoriserait les actions, affaiblirait le dollar, et pourrait améliorer le sentiment sur les métaux et les cryptos.

Une nouvelle escalade garderait l’inverse en place. Le pétrole resterait probablement élevé ou remonterait, les attentes d’inflation pourraient augmenter, et le marché pourrait encore repousser les baisses de taux. Cela maintiendrait la pression sur les actifs de croissance et soutiendrait le USD.

Avril commence donc avec un marché prudent, très réactif aux manchettes. Le pétrole, le dollar et les attentes sur les taux restent les meilleurs indicateurs transversaux (repères utiles à travers plusieurs marchés).

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