
En février, les marchés ont marqué une pause après les gains de fin 2025. Les investisseurs ont dû équilibrer des bénéfices d’entreprises solides avec des cours déjà élevés et des risques liés aux politiques économiques. Ce bilan mensuel couvre le marché des devises, l’or, le pétrole, les indices boursiers et les cryptomonnaies, pour cerner quoi surveiller en mars : zones techniques clés (niveaux de prix importants) et déclencheurs.
Bilan des marchés en février
Février a été un mois de pause sur la plupart des actifs risqués (placements qui bougent plus, comme les actions et les cryptos) après de forts gains en fin d’année. Les grands indices boursiers ont surtout évolué à l’horizontale, les investisseurs comparant des bénéfices robustes à des valorisations tendues (cours élevés par rapport aux profits). Le 12, les marchés ont connu une baisse brève, mais marquée, liée aux positions sur l’IA et la techno, ce qui reflète des prises de profits (vente après une hausse) et une rotation hors d’un secteur surchargé (déplacement des capitaux vers d’autres secteurs). La volatilité (ampleur des variations) a monté légèrement, puis s’est stabilisée : on parle surtout d’ajustements de positions, pas d’un changement majeur du contexte.
Les données économiques sont restées relativement stables. Les chiffres d’inflation ont montré que la baisse de l’inflation ralentissait, ce qui a amené les marchés à réduire leurs attentes de baisses rapides des taux. Le scénario « taux élevés plus longtemps » de la Fed (banque centrale des États-Unis) a donc repris du poids.
Le dollar américain (USD) a légèrement reculé, car l’écart de taux (différence entre les taux d’intérêt de deux pays) s’est resserré et l’appétit pour le risque s’est amélioré hors des États-Unis. L’or a été en consolidation (évolution dans une fourchette) après la correction de fin janvier, tandis que le pétrole est resté en range (dans une bande de prix) : une offre disciplinée a compensé des signaux de demande inégaux.
Principales devises
Le marché des devises (forex) est resté surtout dans des fourchettes connues, alors que l’USD s’est affaibli. Les écarts de taux se sont réduits et le marché a moins misé sur des politiques monétaires très différentes entre régions qu’en fin 2025, ce qui a diminué le soutien au dollar.
L’USDJPY s’est démarqué. Le yen (JPY) a surperformé, car les taux obligataires japonais ont légèrement augmenté et les marchés ont continué d’anticiper une normalisation graduelle de la Banque du Japon (retour progressif vers des taux moins bas). L’amélioration des écarts de rendements réels (rendements après inflation) et la demande de valeur refuge (achat d’actifs jugés plus sûrs en période de stress) pendant le repli boursier de mi-mois ont aussi soutenu le yen. Ailleurs, l’EURUSD a profité de la faiblesse du dollar, mais a été limité par des signaux de croissance faibles en zone euro. La volatilité intrajournalière (dans la même séance) a surtout été dictée par l’actualité : publications d’inflation et réévaluation des attentes envers les banques centrales.

Fig. 1 : L’USDJPY s’est renforcé, les marchés intégrant une normalisation graduelle de la Banque du Japon.
Les mouvements de prix suggèrent que les écarts de taux ont davantage guidé la hausse que le seul sentiment de risque.
À surveiller : si l’USDJPY reste sous le dernier sommet du rebond (plus haut récent). Une remontée des taux américains pourrait rapidement faire repartir la paire à la hausse.
Métaux populaires
L’or et l’argent ont évolué dans une fourchette en février après une forte correction (baisse rapide) à la fin janvier. Le recul s’explique par des prises de profits, une stabilisation des rendements réels (rendements après inflation) et un ajustement des attentes de baisses de taux de la Fed à court terme.
La pression vendeuse s’est atténuée après la chute initiale. La demande des banques centrales a continué de soutenir l’or, tandis que la demande de couverture (achat pour se protéger) liée aux risques géopolitiques a limité une baisse plus profonde. L’argent a moins bien fait que l’or, ce qui cadre avec sa sensibilité plus élevée à la demande industrielle. Les deux métaux ont tenu des fourchettes, alors que les taux obligataires et l’USD ont bougé sans tendance claire.
Les données d’inflation et les changements d’anticipations sur les taux de la Fed restent les principaux moteurs jusqu’en mars.

Fig. 2 : L’or est resté sous une zone de résistance clé (plafond de prix) après la correction de fin janvier.
En février, les acheteurs ont défendu les replis, tandis que les vendeurs ont limité les hausses. Une cassure nette au-dessus de la zone de résistance suggérerait des rendements réels plus bas. Un rejet (échec à franchir) maintiendrait l’or en phase de consolidation.
Pétrole
Le pétrole a évolué dans une fourchette serrée tout au long de février, avec une volatilité quotidienne plus faible que les mois précédents. Une offre maîtrisée a compensé des signaux de demande inégaux, laissant le brut sans déclencheur clair.
La croissance de la production américaine est restée stable, sans déséquilibrer le marché. Côté demande, des données mitigées en Chine et en Europe ont limité le potentiel de hausse, tandis que les stocks sont restés près des niveaux saisonniers. Un USD en consolidation et des taux obligataires en range ont aussi freiné les flux vers les matières premières. Avec moins de chocs géopolitiques, la prime de risque (surcoût lié à l’incertitude) s’est dissipée, et les niveaux techniques de support (plancher) et de résistance (plafond) ont guidé les prix.

Fig. 3 : Le pétrole est resté en range : offre disciplinée, demande inégale.
Le graphique montre une « boîte » technique (fourchette bien définie). Une sortie de range nécessite souvent un déclencheur : surprise sur la demande, choc sur les stocks, ou retour d’une prime géopolitique.
Indices
Les marchés boursiers mondiaux ont consolidé, avec quelques poussées de volatilité de courte durée. Le FTSE 100 a atteint de nouveaux sommets au-delà de 10 000 points, soutenu par l’énergie et les financières.
Aux États-Unis, le Dow Jones a aussi inscrit des records, franchissant le cap des 50 000 le mois précédent, puis a légèrement reculé, les investisseurs réduisant leur exposition (taille de leurs positions). Le Nasdaq a corrigé plus fortement, avec des prises de profits sur les leaders de l’IA et de la techno. Cela ressemble toujours à une prise de profits et à un repositionnement, l’indice restant dans la fourchette en place depuis octobre 2025.
La rotation sectorielle a marqué février. Les titres « valeur » (moins chers par rapport à leurs profits), les industrielles et les petites capitalisations (entreprises plus petites en Bourse) ont surperformé, les investisseurs privilégiant des secteurs où les profits à court terme sont plus prévisibles et les cours moins élevés.

Fig. 4 : Le Nasdaq est resté en range malgré le repli mené par l’IA.
La zone haute continue de plafonner les hausses, tandis que le support a tenu à plusieurs reprises. Une cassure au-dessus de la résistance signalerait un retour du leadership des méga-capitalisations (très grandes entreprises). Une rupture du support indiquerait une réduction du risque plus marquée. À surveiller : la rotation de février se prolonge-t-elle, ou les flux reviennent-ils vers la techno à très grande capitalisation?
Crypto
Les cryptos ont reculé en février. Le bitcoin a mené une baisse marquée, cédant plus de 5 % après avoir cassé un support technique clé (niveau où les acheteurs défendaient auparavant), puis s’est stabilisé. Les taux de financement (frais payés entre acheteurs et vendeurs sur les contrats à terme perpétuels) ont diminué et l’intérêt ouvert (nombre de positions encore en cours) a reculé, ce qui a réduit l’effet de levier (utilisation d’emprunt pour amplifier une position) et assaini le positionnement.
Plusieurs signaux de fin de mois ont pointé vers la formation d’une base (stabilisation après une baisse). Les entrées vers les plateformes d’échange sont restées limitées, les flux liés aux FNB/ETF (fonds négociés en Bourse) sont demeurés globalement stables, et la volatilité réalisée (volatilité observée) a diminué en fin de mois. Les grands acteurs ont semblé plus sélectifs, ajoutant sur faiblesse plutôt que de poursuivre la hausse.
Côté tendances, la « tokenisation » d’actifs du monde réel (mettre sur chaîne de blocs une représentation numérique d’un actif comme une obligation ou un immeuble) a continué de gagner du terrain grâce à des projets pilotes et des partenariats institutionnels. Les récits « chaîne de blocs + IA » (thèmes reliant IA et blockchain) ont aussi refait surface, mais demeurent sensibles aux conditions de liquidité (facilité d’acheter et vendre sans trop bouger les prix).

Fig. 5 : Le bitcoin a consolidé sous la résistance après la faiblesse de février.
Le graphique illustre une remise à zéro classique : moins de levier et une volatilité plus faible. Un retour au-dessus de la résistance améliorerait les chances de hausse. Un nouveau rejet maintiendrait le marché en phase de construction d’une base. À suivre : la liquidité, les flux de FNB/ETF et l’effet des déblocages programmés de jetons (mise en circulation de jetons auparavant verrouillés, ce qui peut augmenter l’offre).
Premiers signaux à surveiller en mars 2026
Mars commence avec des marchés proches de seuils techniques plus clairs après la consolidation de février. La prochaine phase directionnelle dépendra surtout des données économiques : confirment-elles des conditions plus favorables (baisses de taux), ou renforcent-elles l’idée de taux élevés plus longtemps?
L’inflation reste le facteur pivot. Un nouveau progrès dans la baisse de l’inflation renforcerait l’idée d’un assouplissement (baisses de taux) vers le milieu de l’année et soutiendrait les actifs risqués. Des chiffres persistants (inflation qui ne baisse pas) repousseraient les attentes de baisses de taux et pourraient faire monter les rendements réels.
Les données sur l’emploi comptent pour la même raison. Des signes de ralentissement des embauches, de hausse salariale plus modérée ou de participation en hausse (plus de gens qui travaillent ou cherchent un emploi) réduiraient la pression sur la politique monétaire. Une tension persistante soutiendrait les rendements.
Le dollar américain est un baromètre pour plusieurs marchés. Un USD plus faible soutient souvent les matières premières et les marchés émergents. Un USD plus fort resserre les conditions financières (emprunter coûte plus cher) et peut peser sur les actions et les cryptos. La volatilité des devises peut augmenter si la croissance américaine s’éloigne davantage de celle de l’Europe et de l’Asie.
Les ajustements de positions (réduction ou reconstruction d’expositions) et la communication des banques centrales détermineront si les ranges de février se transforment en tendance ou se prolongent.
Niveaux clés et leur signification
Utilisez les limites des fourchettes de février comme premiers points de décision en mars. Si les prix cassent et tiennent au-delà de ces zones avec plus de participation (plus de volume et d’intérêt), le marché peut entrer en phase de tendance. En cas de rejet, un retour vers la moyenne (stratégies misant sur un retour dans la fourchette) peut continuer de fonctionner. La confirmation compte plus que la vitesse en début de mois, surtout autour des grandes publications.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un bilan mensuel et une perspective de marché?
C’est un résumé des facteurs qui ont fait bouger les marchés le mois précédent et des déclencheurs qui pourraient influencer les prix le mois suivant.
Pourquoi les attentes sur les taux de la Fed influencent-elles l’or?
L’or réagit souvent aux rendements réels (rendements après inflation). Quand les marchés anticipent des taux plus bas ou des rendements réels en baisse, l’or est généralement soutenu. Quand les rendements réels montent, l’or peut subir une pression.
Pourquoi l’USDJPY suit-il les écarts de taux?
L’USDJPY reflète souvent l’avantage de rendement entre des placements en USD et en JPY. Quand les taux américains et japonais changent, l’intérêt relatif pour l’une ou l’autre devise évolue, ce qui déplace la paire.
Que signifie la consolidation en négociation?
La consolidation décrit une période où le prix oscille dans une fourchette : acheteurs et vendeurs sont temporairement en équilibre. Ces fourchettes se brisent souvent quand une nouvelle information change les attentes.
Pourquoi les mouvements de la techno à méga-capitalisation influencent-ils les grands indices?
Ces titres pèsent lourd dans les indices. Ainsi, des prises de profits ou un retour vers le risque dans ce groupe peuvent faire bouger l’indice, même si d’autres secteurs restent stables.