La membre du conseil de la BoJ, Ayano Sato, a déclaré que l’apaisement des tensions au Moyen-Orient est favorable à l’économie, mais que les perspectives demeurent incertaines. Il a indiqué que la banque centrale surveillera la façon dont l’évolution de la situation affecte la croissance et les prix au Japon, tout en évaluant si l’inflation actuelle reflète des pressions temporaires liées aux coûts ou une tendance plus durable portée par la demande. Sato a également souligné une fixation plus active des salaires et des prix par les entreprises, ce qui pourrait amplifier l’effet inflationniste de la faiblesse du yen par rapport aux cycles précédents.
Sur le marché des changes, il a refusé de commenter des niveaux précis, tout en affirmant que la volatilité à court terme est indésirable et que les mouvements devraient refléter les fondamentaux. Il a décrit un yen plus faible comme soutenant les exportations, mais augmentant les coûts d’importation et comprimant le revenu réel des ménages; il a ajouté que les politiques budgétaire et monétaire devraient chacune jouer leur rôle, la politique monétaire étant axée sur l’inflation et la politique budgétaire visant à atténuer les effets sur les ménages et les entreprises. Les marchés ont peu réagi dans l’immédiat; l’USD/JPY progressait en dernier lieu de 0,22 % autour de 162,30. La BoJ vise une inflation d’environ 2 %, a adopté l’assouplissement quantitatif et qualitatif (QQE) en 2013, a introduit les taux négatifs et le contrôle du rendement à 10 ans en 2016, et a relevé ses taux en mars 2024.
Faiblesse du yen et risque accru d’intervention
Nous considérons les commentaires du nouveau membre du conseil comme un avertissement clair concernant la faiblesse du yen. Avec l’USD/JPY qui s’entête à évoluer près de 162,30, le risque d’une intervention directe sur le marché des changes au cours des prochaines semaines a nettement augmenté. Nous envisageons donc d’acheter des options d’achat sur le JPY à courte échéance afin de nous positionner pour un renforcement brusque et soudain du yen.
Cette lecture est confortée par les plus récentes données de l’IPC de base de Tokyo pour juin 2026, ressorties à 2,4 %, ce qui maintient l’inflation au-dessus de la cible de la BoJ depuis plus de deux ans. La mention d’entreprises qui augmentent activement les salaires est également cruciale, surtout après que les négociations salariales de printemps Shunto de 2026 ont débouché sur une hausse moyenne de 4,8 %, la plus importante en plus de trois décennies. Historiquement, les autorités japonaises ont montré une faible tolérance aux mouvements rapides et unidirectionnels, comme l’ont illustré les interventions présumées de 2024 lorsque le yen s’est affaibli pour la première fois au-delà du seuil de 160.
Perspectives de politique et implications pour les marchés actions
Au-delà d’une intervention directe, l’accent mis sur une inflation durable tirée par la demande suggère qu’une trajectoire de politique plus restrictive est probable. Le marché intègre encore un rythme de resserrement très graduel, ce qui crée une occasion pour ceux qui anticipent une surprise. Cela plaide en faveur de l’utilisation de swaps de taux d’intérêt pour parier que la Banque du Japon sera contrainte de relever ses taux plus agressivement que ce qui est actuellement anticipé.
Un yen plus fort, qu’il résulte d’une intervention ou d’un virage de politique, constituerait un vent contraire pour l’indice Nikkei 225, à forte composante exportatrice. Les prévisions de bénéfices des grands exportateurs reposent sur l’hypothèse d’un yen beaucoup plus faible. Nous examinons donc l’achat d’options de vente sur le Nikkei comme moyen rentable de couvrir notre exposition aux actions contre ce risque croissant.
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