L’indice des prix des logements aux États-Unis a reculé de 0,1 % sur un mois en avril, à contre-courant des attentes qui tablaient sur une hausse de 0,2 %. Le résultat s’établit donc à 0,3 point de pourcentage sous la prévision.
Cet écart suggère un essoufflement de l’élan des prix immobiliers durant le mois, l’indice n’ayant pas prolongé les gains implicites du consensus. Les marchés chercheront à déterminer si la baisse d’avril représente une simple pause temporaire ou le début d’un refroidissement plus généralisé des valorisations immobilières.
Impact de la baisse surprise des prix des logements sur la politique monétaire et les taux
La baisse surprise de l’indice des prix des logements en avril constitue la première fissure majeure observée dans ce secteur clé de l’économie. Cette lecture négative, alors que le marché anticipait une hausse, indique que le resserrement monétaire commence enfin à peser de façon marquée. Nous estimons que ce point de données est suffisamment important pour modifier la trajectoire de la Réserve fédérale au cours du second semestre.
Dans un contexte où les taux hypothécaires à 30 ans oscillent autour de 6,8 %, cette faiblesse du marché de l’habitation devrait vraisemblablement s’accentuer. Nous nous positionnons en vue d’une baisse des taux d’intérêt en achetant des contrats à terme sur le T-note à 10 ans, le marché étant désormais susceptible d’intégrer une Fed plus accommodante. Les contrats à terme sur les fed funds du CME montrent déjà que la probabilité d’une baisse de taux d’ici septembre est passée de 25 % à plus de 45 % dans les premières transactions.
Stratégies de placement en période de volatilité liée au logement et aux marchés
Nous voyons une occasion directe de miser à la baisse sur le secteur de l’habitation au moyen de produits dérivés avant la prochaine saison des résultats. Nous achetons des options de vente (« puts ») sur des FNB de constructeurs résidentiels comme l’ITB, puisque leurs valorisations ne reflètent pas cette nouvelle réalité de baisse des prix des maisons. Cela concorde avec des données récentes montrant que les permis de construire ont aussi reculé pendant deux mois consécutifs, signalant un ralentissement de la construction.
Ce bras de fer entre une inflation fondamentale tenace — annoncée dernièrement à 3,1 % — et un marché de l’habitation qui fléchit accroîtra la volatilité globale des marchés. Nous jugeons l’indice VIX sous-évalué et achetons des options d’achat (« calls ») comme couverture à faible coût contre une correction plus large du marché. Historiquement, ce type d’incertitude économique mène à des mouvements boursiers brusques et difficiles à prévoir.
Ce schéma rappelle les périodes de 2006 et de 2018, où la faiblesse du logement a servi d’indicateur avancé d’un ralentissement économique plus étendu. Par conséquent, nous utilisons aussi des options pour constituer prudemment des positions vendeuses sur des FNB de banques régionales, qui affichent une exposition importante à l’immobilier commercial et aux prêts hypothécaires. Un repli du logement précède souvent des tensions dans le secteur bancaire.
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