Le WTI a légèrement reculé après de modestes gains la veille, s’échangeant près de 68,40 $ en séance asiatique vendredi, alors que les marchés de l’énergie se sont refroidis avec l’apaisement des tensions au Moyen-Orient. Les prix du brut se sont assouplis après des avancées diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran, à la suite de pourparlers à Doha appuyés par des médiateurs du Qatar et du Pakistan, ce qui a réduit la prime de risque géopolitique qui maintenait les prix à des niveaux élevés.
Le repli a aussi suivi une reprise plus régulière du transport maritime commercial dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour les flux mondiaux de pétrole, alors que les pétroliers ont repris le transit et que les conditions d’approvisionnement ont commencé à se normaliser. Les exportations de brut saoudien sont remontées à environ 90 % des niveaux d’avant-guerre, soutenues par l’amélioration du passage dans cette voie navigable, tandis que les Émirats arabes unis ont rétabli leurs exportations aux volumes d’avant-guerre en réacheminant des cargaisons et en s’appuyant sur un oléoduc stratégique qui contourne le détroit.
Signaux baissiers issus d’une percée diplomatique et des données d’offre
Alors que le brut West Texas Intermediate se négocie autour de 68,40 $, nous considérons les récents progrès diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran comme un signal baissier important pour le marché. La prime de risque géopolitique qui maintenait les prix élevés disparaît rapidement. Nous croyons que ce changement fondamental exercera une pression à la baisse sur les prix du pétrole au cours des prochaines semaines.
Cette lecture est renforcée par les plus récentes données d’offre, qui indiquent un surplus croissant sur le marché. L’Energy Information Administration (EIA) a fait état d’une hausse surprise des stocks de 3,8 millions de barils pour la dernière semaine de juin 2026, à contre-courant des prévisions de déstockage saisonnier. Cela laisse entendre que la normalisation du transport dans le détroit d’Ormuz se traduit déjà par une offre qui arrive sur le marché à un rythme supérieur à ce que la demande peut absorber.
Compte tenu de ce scénario, nous nous positionnons en vue d’une poursuite de la baisse des prix en achetant des options de vente (« puts ») à échéance août avec des prix d’exercice autour de 65 $. L’atténuation des tensions a entraîné un recul de la volatilité implicite, rendant ces couvertures à la baisse relativement peu coûteuses. Cette stratégie nous permet de tirer profit d’un mouvement de repli tout en définissant clairement notre risque maximal.
Précédent historique et stratégie de négociation à court terme
Nous nous rappelons une situation similaire à la mi-2015, lorsque l’accord nucléaire initial avec l’Iran avait provoqué une chute marquée des prix du pétrole, le marché anticipant un afflux de nouvelle offre. Le Brent avait reculé de près de 20 % dans le mois suivant cet accord. Même si le contexte actuel est différent, le précédent historique voulant que les prix baissent lorsque les tensions au Moyen-Orient s’apaisent demeure solide.
Le rétablissement de la capacité d’exportation des grands producteurs étaye aussi notre biais baissier. Avec l’Arabie saoudite maintenant de retour à 90 % de ses niveaux d’exportation d’avant le conflit et les ÉAU à pleine capacité, nous estimons qu’environ 1,2 million de barils par jour additionnels affluent sur le marché mondial par rapport au trimestre précédent. Nous chercherons à vendre à découvert des contrats à terme lors de tout bref rebond des prix, en visant un mouvement vers le bas de la fourchette des 60 $ d’ici la fin du mois.
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