Le dollar américain a cédé une partie de ses gains récents face à la plupart des devises du G10, alors que les actions rebondissent et que l’appétit pour le risque s’améliore plus largement. Des informations selon lesquelles les États-Unis et l’Iran entameront un nouveau cycle de négociations après des escarmouches en fin de semaine ont renforcé le ton « risk-on », même si les devises liées au pétrole — comme le dollar australien, le dollar canadien et la couronne norvégienne — ont sous-performé, tout comme le yen.
L’attention se tourne maintenant vers les publications américaines, avec un indice de confiance des consommateurs attendu à 97,5 contre 94,5, ce qui soutient l’idée d’une consommation résiliente. À l’inverse, les offres d’emploi JOLTS devraient reculer à 7,25 M contre un consensus à 7,3 M, un mélange qui continue néanmoins de pointer vers un marché du travail en santé. Dans l’ensemble, ces données sont perçues comme neutres à légèrement favorables au dollar, mais l’élan haussier du billet vert s’essouffle à l’approche du discours de Kevin Warsh à Sintra demain et des chiffres de l’emploi de jeudi.
Changement du sentiment de risque et momentum du dollar
Nous constatons que le momentum haussier du dollar s’est nettement atténué à mesure que le sentiment de risque s’améliore. Le S&P 500 a gagné près de 2 % au cours de la dernière semaine, ce qui détourne des capitaux du dollar, valeur refuge. Le rapport sur l’emploi (Non-Farm Payrolls) de la semaine dernière, ressorti légèrement sous le consensus à 195 000, renforce l’idée que la récente fermeté du dollar s’essouffle.
Cette amélioration de l’appétit pour le risque est en partie alimentée par les négociations en cours entre les États-Unis et l’Iran, qui contribuent à plafonner les prix du pétrole. Le WTI se maintient près de 78 $ US le baril, ce qui limite le potentiel haussier des devises corrélées au pétrole. Par conséquent, nous voyons le dollar canadien et la couronne norvégienne tirer de l’arrière par rapport aux autres devises du G10.
Stratégies de positionnement et catalyseurs à venir
Compte tenu de ce momentum au point mort, nous croyons qu’il est prudent d’envisager des positions sur dérivés qui profiteraient d’un dollar plus faible au cours des prochaines semaines de juillet. Cela pourrait passer par l’achat d’options d’achat sur des paires comme EUR/USD ou GBP/USD, qui offrent un risque défini si la remontée du dollar devait reprendre contre toute attente. Ces positions peuvent servir de couverture efficace contre un positionnement acheteur sur le dollar qui risque de devenir trop encombré.
Le marché est désormais en attente d’un nouveau catalyseur, que nous anticipons via les prochaines interventions du président de la Fed, Warsh, et la prochaine vague de données d’inflation. Historiquement, ces périodes de calme avant événement — à l’image des pauses observées avant les symposiums de Jackson Hole en 2022 et 2023 — précèdent souvent une poussée de volatilité. Il faut donc envisager des stratégies capables de profiter d’un mouvement de prix marqué dans un sens comme dans l’autre, et non seulement d’une poursuite du repli.
L’enjeu principal sera de savoir si les nouvelles données confirment la résilience de l’économie américaine ou signalent un ralentissement. Avec la plus récente lecture de l’inflation Core PCE qui reste obstinément à 2,7 %, tout signe de faiblesse économique pourrait rapidement faire basculer les attentes envers la Fed vers une posture plus accommodante. Cela rend la surveillance des prochaines données sur les ventes au détail et l’inflation absolument cruciale pour le positionnement à la fin juillet et en août.
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