Le Brésil a affiché un déficit budgétaire nominal de 166 milliards de reals en juin, plus élevé que le déficit de 133,2 milliards de reals anticipé par les prévisions. Le résultat indique une situation mensuelle plus faible que prévu sur une base nominale.
L’écart par rapport aux attentes s’est établi à 32,8 milliards de reals, selon la différence entre le résultat observé et la projection. Les données portent sur le solde budgétaire nominal de juin et comparent la donnée réelle au niveau prévu.
Risques budgétaires et implications pour les taux d’intérêt
L’élargissement du déficit budgétaire nominal du Brésil à 166 milliards de reals en juin — bien pire que les 133,2 milliards prévus — met en lumière de profondes vulnérabilités budgétaires qu’on ne peut pas ignorer. Historiquement, des dérapages budgétaires d’une telle ampleur poussent le ratio dette/PIB du pays vers le seuil critique de 78 %, ce qui déclenche d’importantes sorties de capitaux. Nous recommandons aux opérateurs de produits dérivés de se positionner immédiatement en prévision d’une volatilité accrue des actifs brésiliens au cours des prochaines semaines.
Avec des dépenses publiques qui restent élevées, les anticipations d’inflation augmenteront, ce qui forcera la banque centrale à maintenir le taux Selic à un niveau élevé, voire à le relever. Nous conseillons de prendre des positions acheteuses sur les contrats à terme sur taux d’intérêt (contrats DI), en ciblant particulièrement les échéances de fin 2026 et de début 2027. La tarification actuelle du marché sous-estime la prime nécessaire pour compenser ce risque budgétaire, ce qui rend les couvertures contre une hausse des taux très attrayantes.
Stratégies sur le marché des devises et des actions
Le dérapage budgétaire mettra aussi sous pression le real brésilien, qui, historiquement, se déprécie en moyenne de 4 % à 6 % face au dollar américain dans les semaines suivant des écarts budgétaires importants. Nous suggérons d’acheter des options d’achat USD/BRL pour tirer parti de cette faiblesse imminente à mesure que les capitaux étrangers se retirent. Cette stratégie présente un profil risque-rendement intéressant, alors que les investisseurs mondiaux exigent une prime plus élevée pour détenir le real.
Du côté des actions, des taux d’intérêt élevés vont peser lourdement sur des secteurs domestiques comme le commerce de détail et l’immobilier. Nous privilégions l’achat d’options de vente sur l’indice Bovespa afin de se couvrir contre une correction plus généralisée du marché. Si les inquiétudes budgétaires persistent jusqu’en août, les actions domestiques sont très susceptibles de tester leurs creux annuels.
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