Les remarques d’ouverture de Christine Lagarde à Sintra étaient mesurées et n’indiquaient aucun changement majeur dans la communication de la Banque centrale européenne. Elle a indiqué que la réponse de la BCE n’a pas besoin d’être aussi vigoureuse qu’en 2022-2023, tout en qualifiant l’économie de résiliente. Le ton a largement laissé intactes les attentes d’une autre hausse de taux plus tard cette année.
Les données récentes sur le sentiment en zone euro ont montré un assouplissement des pressions inflationnistes, mais le signal de politique monétaire au sens large demeure jugé conforme à la valorisation actuelle des marchés. L’attention se tourne maintenant vers d’autres interventions de responsables de la BCE cette semaine, ainsi que vers les prochaines données américaines et un discours de Warsh à Sintra, comme moteurs à court terme pour l’EUR/USD. La paire est présentée comme plus susceptible de se stabiliser autour de 1,140 — ou légèrement au-dessus — que de revisiter les creux de la semaine dernière.
Perspectives de politique de la BCE et implications pour les marchés
Nous croyons que les communications récentes de la Banque centrale européenne indiquent que sa lutte contre l’inflation n’est pas encore terminée. Même si la politique pourrait ne pas être aussi restrictive qu’auparavant, des pressions persistantes sur les prix maintiendront la BCE sur une trajectoire hawkish. Cela renforce la valorisation de marché intégrant au moins une hausse supplémentaire des taux directeurs d’ici la fin de l’année.
Les données récentes appuient cette lecture : l’inflation sous-jacente en zone euro demeure tenace et s’établit à 2,9 % selon la plus récente estimation préliminaire (« flash »). À l’inverse, les derniers chiffres d’inflation aux États-Unis ont ralenti à 3,1 %, ce qui suggère que la Réserve fédérale pourrait avoir davantage de marge pour marquer une pause. Cette divergence croissante des politiques monétaires est un facteur clé que nous surveillons pour les marchés des devises.
Stratégies de négociation et contexte historique
Pour les opérateurs en produits dérivés, cet environnement semble favorable à l’euro face au dollar américain. Nous privilégions une stabilisation au-dessus du seuil de 1,0700 à court terme. Le scénario le plus probable paraît être une progression graduelle vers la zone de 1,0850 au cours des prochaines semaines.
Dans ce contexte, l’achat d’options d’achat (calls) EUR/USD à courte échéance constitue une stratégie attrayante à envisager. Les investisseurs pourraient cibler des options avec des prix d’exercice autour de 1,0800, venant à échéance à la fin juillet ou en août, afin de se positionner pour cette dérive haussière anticipée. La vente d’options de vente (puts) hors du cours (« out-of-the-money ») pourrait aussi servir à financer ces calls, compte tenu de notre perception d’un niveau de soutien sous-jacent solide.
Nous avons déjà observé ce schéma lorsque les politiques des banques centrales évoluent dans des directions différentes. Historiquement, la devise de la banque centrale adoptant une posture plus agressive — ou plus hawkish — tend à surperformer pendant plusieurs trimestres. Ce précédent historique renforce notre confiance dans des perspectives plus favorables pour l’euro.
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