Le GBP/USD a reculé mercredi, glissant jusqu’à un peu sous 1,3150 avant de se redresser légèrement à partir des creux en clôture. La paire demeure sous pression du dollar depuis que la Réserve fédérale a adopté un ton plus restrictif, tandis que les développements au Royaume-Uni ont offert peu de contrepoids. Sur le plan technique, le graphique journalier montre que le taux a franchi à la baisse la moyenne mobile exponentielle (MME) à 50 jours et la MME à 200 jours, qui ont convergé près de 1,3400 et agissent désormais comme une résistance à environ 225 pips au-dessus du spot. Avec le Stoch RSI en zone médiane, le graphique laisse entrevoir une marge pour une poursuite du repli avant que les conditions ne paraissent excessives, et le soutien visible demeure limité avant 1,3000.
La politique de taux au Royaume-Uni a apporté un soutien restreint. La Banque d’Angleterre a maintenu le taux directeur inchangé la semaine dernière, deux membres sur neuf ayant voté pour une hausse, et la prochaine décision est attendue vers la fin juillet. L’incertitude politique s’est aussi accrue à la suite de la démission de Keir Starmer, laissant un gouvernement intérimaire pendant que le Parti travailliste tient une course à la chefferie appelée à s’étirer tout l’été, le Parlement devant reprendre en septembre. Le principal rendez-vous de la semaine est la publication jeudi du PCE de base américain à 12 h 30 GMT, attendu à 0,3 % sur un mois et 3,4 % sur un an, deux lectures légèrement au-dessus du mois précédent; les niveaux de court terme cités incluent des résistances à 1,3200 et 1,3400, et des soutiens à 1,3150, 1,3100 et 1,3000.
Facteurs techniques et fondamentaux derrière la faiblesse du GBP/USD
Étant donné l’incapacité de la livre à se redresser, nous estimons que le chemin de moindre résistance pour le GBP/USD pointe vers une baisse au cours des prochaines semaines. La paire a du mal à se maintenir au-dessus de 1,3150, sous la pression d’un dollar américain qui se raffermit grâce à la fermeté de la Réserve fédérale dans sa lutte contre l’inflation. Tout petit rebond de la livre se heurte à des ventes.
La configuration technique sur le graphique journalier confirme cette lecture baissière. Le prix est passé nettement sous les moyennes mobiles à 50 jours et à 200 jours, désormais regroupées en une zone de résistance majeure autour de 1,3400. Comme les indicateurs de momentum ne se situent pas encore en territoire de survente, nous croyons qu’il reste une marge importante pour un mouvement vers le bas, en direction du seuil psychologique de 1,3000.
Cette perspective est appuyée par les plus récents chiffres d’inflation aux États-Unis. L’indice des dépenses de consommation personnelle (PCE) de base de mai affichant une hausse de 3,2 % sur un an, la Fed n’a guère de raison d’envisager un assouplissement prochain. D’ailleurs, les marchés des contrats à terme sur les Fed funds n’intègrent maintenant qu’une probabilité inférieure à 40 % d’une baisse de taux avant la fin de l’année, ce qui soutient le dollar.
À l’inverse, la situation au Royaume-Uni offre peu d’appui à la livre sterling. Malgré le statu quo de la Banque d’Angleterre et le vote de certains membres en faveur d’une hausse, la devise s’est affaiblie. Cela s’explique en partie par les données récentes montrant un recul de l’inflation globale au Royaume-Uni à 2,3 %, ce qui réduit la pression sur la BoE pour agir aussi vigoureusement que le marché le croyait auparavant.
Positionnement de marché et incertitude politique
Du point de vue des dérivés, cette divergence favorise des stratégies misant sur un GBP/USD plus faible. Selon le plus récent rapport Commitment of Traders, on observe que les fonds spéculatifs sur le marché des contrats à terme ont accru leurs positions nettes vendeuses sur la livre. Cela indique que l’achat d’options de vente (puts) pour se protéger contre une chute sous 1,3100, ou encore la vente sur les rallyes vers 1,3200, constitue le sentiment dominant.
La course à la chefferie du Parti travailliste ajoute une couche d’incertitude supplémentaire qui pèse sur la livre. Ce vide politique à Westminster signifie qu’aucune main ferme ne guide la politique économique pendant l’été, laissant la devise vulnérable. À nos yeux, la combinaison d’un dollar fort, d’un tableau technique défavorable et d’incertitudes propres au Royaume-Uni rend difficile de plaider pour une force durable de la livre sterling à court terme.
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