ING s’attend à ce que la Banque centrale européenne procède à une hausse de taux de 25 pb la semaine prochaine et présente ce geste comme une hausse « d’assurance » au ton accommodant (dovish). La banque souligne la résilience de la zone euro, tout en faisant valoir que la dynamique de l’inflation est largement dictée par les prix de l’énergie, ce qui limite la justification d’un cycle de resserrement prolongé et accroît le risque de dommages économiques, y compris une récession.
L’inflation globale remonte graduellement et devrait demeurer au-dessus de 3 % sur un an pour le reste de l’année, même si les mesures de l’inflation de base et des services sont jugées moins inquiétantes. ING met en avant la hausse des prix du pétrole et un risque accru d’un nouveau choc sur les prix du gaz, des facteurs qui pourraient maintenir la pression sur les décideurs afin d’agir. Après un tel geste, le taux de dépôt s’établirait à 2,5 %, ce qu’ING considère encore à l’intérieur de la fourchette neutre de la BCE, alors que des hausses supplémentaires impliqueraient un basculement vers une politique monétaire explicitement restrictive.
Hausse des taux de la BCE attendue comme geste d’assurance prudent
Nous nous attendons à ce que la Banque centrale européenne relève ses taux d’intérêt de 25 points de base la semaine prochaine, portant le taux de dépôt à 2,5 %. Nous voyons ce geste à venir comme une « hausse dovish » destinée à servir d’assurance contre des pressions persistantes sur les prix. Cette approche permet à la banque centrale de préserver sa crédibilité sans précipiter l’économie de la zone euro dans une récession sévère.
Les données récentes de marché appuient cette prudence, puisque l’inflation en zone euro demeure fortement tributaire de marchés de l’énergie volatils. Actuellement, le Brent fluctue autour de 78 $ US le baril, et les contrats à terme sur le gaz naturel européen s’échangent près de 38 € le mégawattheure. Comme l’inflation de base reste relativement stable, un resserrement supplémentaire au-delà de la semaine prochaine apparaît hautement improbable.
Implications pour le trading et recommandations stratégiques
Les opérateurs de dérivés devraient se préparer à ce changement de cap en ajustant leurs portefeuilles de swaps de taux d’intérêt et d’options. Comme le marché a déjà intégré ce dernier mouvement de 25 points de base, nous recommandons d’utiliser des écarts calendaires sur l’Euribor afin de tirer parti de la pause attendue. La volatilité implicite des dérivés de taux à court terme devrait reculer une fois que la BCE laissera entendre que cette hausse marque le sommet.
De plus, nous conseillons aux opérateurs d’examiner des stratégies de bull flattening sur les courbes de rendement de la zone euro. Puisque d’autres hausses de taux sont écartées, les contrats à terme sur obligations d’État à courte durée offrent une occasion d’achat intéressante. Nous suggérons aussi de couvrir les positions longues en euro, car la fin du cycle de resserrement limitera l’élan haussier de la devise face au dollar américain.
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