Le CIO de Bitwise, Matt Hougan, a souligné que l’approche changeante du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, à l’égard du marché obligataire renforçait le récit de Bitcoin comme actif dur. Bessent a d’abord présenté des rachats par le Trésor d’obligations à longue échéance passant de 2 G$ à 4 G$, mais les rendements à plus long terme ne sont pas restés en baisse : le rendement à 30 ans est brièvement passé de 5,29 % à 5,20 % et celui à 10 ans de 4,70 % à 4,65 % avant de rebondir. Il a ensuite avancé sur CNBC que les rachats pourraient dépasser 4 G$, tandis que d’autres rapports laissaient entendre que le Treasury General Account, qui frôle les 1 000 G$, pourrait être mis à contribution pour financer des opérations plus importantes, faisant basculer le débat, en l’espace d’environ 48 heures, de 2 G$ à un soutien potentiel de 1 000 G$ pour les obligations à longue échéance.
Hougan a aussi évoqué la campagne de Bessent contre les liens financiers de l’Iran, décrite lundi comme une « offensive économique » et « l’équivalent financier du Jour J », ainsi que le gel, en 2022, des réserves de change de la Russie. L’épisode a mis en lumière le levier intégré au système fondé sur le dollar et, dans sa lecture, l’attrait d’actifs monétaires qui ne sont pas sous le contrôle d’un seul gouvernement. Au moment d’écrire ces lignes, le bitcoin s’échangeait à 78 390 $, en baisse de 1 % sur 24 heures.
Occasions de négociation stratégique dans un contexte d’instabilité du marché du Trésor
Nous conseillons aux négociateurs de produits dérivés de se préparer à de fortes fluctuations de marché au cours des prochaines semaines en ciblant des options d’achat (calls) sur bitcoin à longue échéance. La volonté agressive du Trésor de comprimer les rendements à long terme en s’appuyant sur le Treasury General Account de 1 000 G$ crée une instabilité profonde sur le marché obligataire. À mesure que les rendements traditionnels, comme le 10 ans, résistent à cette compression et remontent vers 4,70 %, les capitaux pourraient se détourner vers des actifs alternatifs rares.
La situation rappelle de près les tentatives historiques — et infructueuses — du Japon de contrôler la courbe des taux, qui ont fini par affaiblir sa monnaie nationale. Alors que la dette nationale des États-Unis grimpe rapidement vers 40 000 G$ en 2026, le risque structurel pour le dollar n’a jamais été aussi élevé. Nous devrions utiliser des contrats à terme longs (futures) pour nous couvrir contre cette crise de la dette qui se profile, dans le sillage de grands investisseurs macro qui délaissent la dette souveraine.
Dérivés sur bitcoin et positionnement défensif
Par ailleurs, l’intensification de la « militarisation » du dollar pousse les acteurs financiers mondiaux à rechercher des garanties neutres et résistantes à la censure. Le marché des dérivés sur bitcoin reflète déjà ce virage : l’intérêt ouvert (open interest) au CME oscille près de sommets records, au-delà de 11 G$. Nous pouvons tirer parti de cette tendance en négociant des options hebdomadaires à court terme afin de capter des hausses soudaines des prix alimentées par la géopolitique.
Alors que le bitcoin consolide actuellement autour de 78 000 $, la volatilité implicite est attrayante pour les acheteurs. Nous recommandons de mettre en place des spreads haussiers sur calls (bull call spreads) pour capter le potentiel de hausse lié aux interventions budgétaires du Trésor tout en protégeant notre risque à la baisse. Cette approche nous positionne idéalement pour la prochaine étape du remaniement monétaire mondial.
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