L’USD/CAD évoluait à proximité de 1,4210 lundi, les marchés attendant surtout une série d’indicateurs américains sur l’emploi, qui culminera avec le rapport sur les créations d’emplois (Nonfarm Payrolls) de juin jeudi. Le dollar américain a légèrement reculé, tandis que le dollar canadien n’a pas réussi à profiter d’un pétrole plus ferme. L’attention se porte sur les offres d’emploi JOLTS de mai, l’indice ISM manufacturier et la variation de l’emploi ADP de juin, qui pourraient influencer les anticipations quant à la politique de la Réserve fédérale après que le président Kevin Warsh a affirmé que la banque centrale devrait éviter de fournir des indications prospectives (forward guidance) dans l’environnement actuel.
L’attention géopolitique se tourne aussi vers les discussions États-Unis–Iran de mardi au sujet du détroit d’Ormuz, ce qui a réduit la demande de valeur refuge pour le dollar américain, même si la sensibilité à un regain de tensions au Moyen-Orient demeure. Le West Texas Intermediate se transigeait autour de 70,60 $ US, en hausse de 0,68 % sur la séance, rebondissant après des pertes plus tôt liées à des informations voulant que Washington et Téhéran reprennent les négociations. La Banque Scotia estime la juste valeur fondamentale de l’USD/CAD à 1,4135 et souligne un dollar américain extrêmement suracheté, voyant une résistance potentielle vers 1,4250-1,4300 et une marge pour un repli vers 1,4075-1,4080, dans un contexte d’écarts de rendement États-Unis–Canada à court terme plus serrés.
Données sur le marché du travail et configurations de négociation
Nous constatons que la paire USD/CAD se négocie prudemment autour de 1,4210, alors que tout le monde attend les données cruciales du marché du travail américain cette semaine. L’événement principal est le rapport sur les Nonfarm Payrolls de jeudi, où le consensus prévoit un gain net d’environ 175 000 emplois, un léger refroidissement par rapport aux mois précédents. Toute surprise marquée dans ce chiffre déclenchera probablement un mouvement abrupt, ce qui en fait un rendez-vous clé autour duquel se positionner.
Ces chiffres d’emploi sont déterminants pour la Réserve fédérale, surtout alors que les dernières données d’inflation du Core PCE se maintiennent à 2,7 %, bien au-dessus de la cible de la banque centrale. Un rapport solide renforcerait l’argument en faveur de taux d’intérêt maintenus à des niveaux élevés, tandis qu’une lecture faible pourrait raviver les espoirs d’un virage de politique monétaire. Nous croyons que des stratégies sur dérivés qui profitent d’un pic de volatilité, comme des straddles acheteurs, pourraient être efficaces juste avant la publication.
Du côté canadien, le huard n’arrive pas à tirer parti du rebond des prix du pétrole, le brut West Texas Intermediate se négociant maintenant au-dessus de 82 $ US le baril. Ce découplage laisse entendre que les inquiétudes entourant l’économie intérieure canadienne — qui a affiché le mois dernier un PIB plus faible que prévu — l’emportent sur l’influence positive des marchés de l’énergie. Cela nous rend réticents à miser sur une vigueur significative et autonome du dollar canadien.
Géopolitique, positionnement de marché et idées de transaction
Nous surveillons également la situation géopolitique, puisque les discussions en cours sur la stabilité au Moyen-Orient pourraient temporairement atténuer l’attrait du dollar américain comme actif refuge. Toutefois, l’historique montre que ces situations sont fragiles, et toute rupture diplomatique pourrait rapidement inverser le sentiment et entraîner un retour précipité vers le dollar. Ce risque de fond justifie, selon nous, de détenir quelques options d’achat (calls) hors du cours (out-of-the-money) sur l’USD/CAD comme couverture peu coûteuse.
De notre point de vue, le dollar américain paraît suracheté, les plus récentes données de la CFTC montrant des positions spéculatives nettes à l’achat à un sommet de plusieurs années. Nous estimons la valeur fondamentale de la paire plus près de 1,4135, ce qui suggère que l’élan haussier actuel pourrait s’essouffler. Nous voyons une forte résistance dans la zone 1,4250-1,4300, qui pourrait plafonner des gains additionnels.
Compte tenu de cette configuration, nous envisageons des stratégies visant un repli modeste vers la zone 1,4075-1,4080. L’achat d’écarts de vente baissiers (bear put spreads) nous permettrait de profiter d’un éventuel recul à la suite des publications américaines. Cette approche encadre notre risque tout en capturant un potentiel de baisse si les chiffres d’emploi déçoivent et que le dollar suracheté entame une correction.
Commencez à négocier dès maintenant — cliquez ici pour créer votre compte réel VT Markets.