Les marchés des taux américains se sont pentifiés jeudi après qu’un indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) global plus faible que prévu eut déclenché un rallye initial, même si la vigueur du revenu personnel et des dépenses est venue compliquer la lecture pour le USD. La décision Lisa Cook n’a pas été rendue par la Cour suprême des États-Unis (SCOTUS), et les prochains avis sont attendus lundi. En l’absence de nouveaux catalyseurs, l’attention se porte sur la publication de vendredi concernant la confiance de l’Université du Michigan ainsi que sur les commentaires de responsables de la Réserve fédérale, tandis que l’évolution géopolitique au Moyen-Orient demeure un point de surveillance à court terme.
Le PCE de base a progressé de 0,32 % m/m en mai et s’est établi à 3,4 % a/a, tandis que le PCE global a affiché 0,45 % m/m et 4,1 % a/a, l’énergie contribuant à la fermeté du chiffre global. La prévision de TD pour le PCE de base s’établissait à 0,36 % contre 0,3 % pour le consensus. Le PCE de base « market-based » a été de 0,24 % m/m, la vigueur étant en partie liée aux services financiers. Du côté de la Fed, Goolsbee a contesté l’usage de l’orientation prospective (forward guidance), et Williams a indiqué qu’il ne voyait pas d’appétit apparent pour des hausses tout en laissant entendre que les baisses pourraient être repoussées à 2027-2028; Kashkari doit prendre la parole au panel Aspen Ideas.
Conditions de marché heurtées et perspectives de politique monétaire
Nous observons un marché des taux américains qui se négocie sans direction claire, alors que les investisseurs digèrent les plus récents indicateurs économiques. Les dernières données sur les dépenses de consommation personnelle (PCE) ont montré une inflation globale plus faible, mais celle-ci a été compensée par des chiffres étonnamment robustes du côté du revenu personnel et des dépenses. Ce tableau contrasté crée des conditions heurtées et empêche de prendre un pari directionnel marqué sur le dollar américain.
Nous estimons que la plus récente lecture de l’inflation PCE de base, qui s’est établie à 2,5 % sur un an en mai, confirme que les pressions sur les prix ne s’emballent pas. Toutefois, comme cette donnée demeure nettement au-dessus de la cible de 2 % de la Réserve fédérale, elle complique la trajectoire de la politique de taux. Le marché intègre maintenant une pause prolongée de la Fed, le taux des fonds fédéraux demeurant stable autour de 3,75 %.
Les commentaires récents de responsables de la Fed suggèrent qu’ils ne sont pas pressés de réduire les taux et qu’ils repoussent les attentes d’assouplissement intégrées par le marché. Cette perspective, combinée à une inflation persistante dans le secteur des services, nous rend inconfortables à l’idée d’assumer trop de risque de taux à long terme. L’histoire montre que, dans des périodes d’incertitude similaires — comme les marchés en range de 2015-2016 — la volatilité peut bondir de manière inattendue.
Stratégies de marché en période d’incertitude
La plus récente enquête sur la confiance des consommateurs de l’Université du Michigan ajoute à l’horizon embrouillé, reculant à un creux de sept mois de 65,6. Ce moral faible contraste avec la solidité des dépenses, ce qui suggère d’envisager des stratégies qui profitent d’un mouvement marqué dans un sens ou dans l’autre, comme des straddles longs sur des paires de devises clés telles que l’EUR/USD. En l’absence de catalyseur clair, le marché risque de demeurer coincé dans une fourchette.
Dans ce contexte, nous recommandons une posture prudente, en ciblant des occasions à court terme. Le manque de facteurs déclencheurs immédiats et les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient laissent entendre que la volatilité implicite pourrait être sous-évaluée. Vendre des options à très courte échéance pour encaisser une prime pourrait constituer une stratégie viable, en attendant qu’un signal plus clair se dégage.
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