Le taux d’inflation sous-jacent de Tokyo, excluant les aliments frais et l’énergie, a augmenté à 1,9 % sur un an en juin, contre 1,6 % auparavant. Ce mouvement indique des pressions sous-jacentes sur les prix plus fermes dans la capitale.
Les données portent sur l’IPC de Tokyo sur une base excluant les aliments et l’énergie, une mesure suivie de près comme indicateur de l’inflation tendancielle. La lecture de juin représente une accélération de 0,3 point de pourcentage par rapport au chiffre précédent.
Implications pour la politique monétaire et les marchés des devises
Les plus récentes données d’inflation à Tokyo montrent que l’inflation sous-jacente atteint 1,9 %, la plaçant pratiquement au seuil de la cible de 2 % de la Banque du Japon. C’est l’indication la plus solide à ce jour que l’inflation est en train de s’ancrer, ce qui force la main de la banque centrale. Selon nous, cela augmente de façon marquée la probabilité d’un changement de cap — par exemple une hausse de taux ou un nouveau ralentissement des achats d’obligations — lors des réunions de la BoJ en juillet ou en août.
Pour nous, l’opération la plus immédiate se trouve sur le marché des devises. Le yen japonais devrait se raffermir de façon importante à mesure que les anticipations de hausse de taux s’intègrent aux prix. Comme l’USD/JPY a récemment touché un sommet de plusieurs décennies au-dessus de 165, nous voyons de solides arguments en faveur d’un repli vers le niveau de 160 au cours des prochaines semaines, soit un mouvement de plus de 3 %.
Incidence sur les obligations et les actions
Cette lecture d’inflation a également un impact direct sur le marché obligataire. Nous avons déjà vu le rendement de l’obligation d’État japonaise à 10 ans monter à 1,15 % cette semaine en anticipation d’un resserrement de la politique monétaire. Il faut maintenant s’attendre à ce que cette pression haussière sur les rendements se poursuive, ce qui rend plus attrayantes les positions misant sur une baisse des prix des obligations, comme la vente à découvert de contrats à terme sur les JGB.
Enfin, la prudence s’impose sur les actions japonaises. Un yen plus fort nuit à la rentabilité du secteur exportateur, crucial pour le Japon, et des taux d’intérêt plus élevés constituent un vent contraire pour l’ensemble du marché boursier. Le Nikkei 225 se négocie près de 41 000, mais nous devrions envisager l’achat d’options de vente (puts) comme couverture contre un éventuel repli du marché, en gardant en mémoire la volatilité observée lorsque la BoJ a mis fin aux taux négatifs en mars 2024.
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