La production industrielle de la Russie a reculé de 0,7 % sur un an en mai, prenant le contrepied des attentes du marché, qui tablaient sur une hausse de 1,6 %. Cette donnée laisse entrevoir un affaiblissement de l’activité manufacturière à l’approche du milieu de l’année, après un élan initial difficile à maintenir.
L’écart entre la statistique publiée et la prévision atteint 2,3 points de pourcentage, ce qui constitue une surprise négative nette pour le mois. Le communiqué ne fournissait pas de ventilation supplémentaire.
Implications pour les actifs et les marchés russes
Le recul inattendu de 0,7 % de la production industrielle russe en mai, alors qu’une expansion de 1,6 % était attendue, envoie un signal clairement baissier. Ces données suggèrent une fragilité économique plus prononcée que ce que les prix de marché intégraient. Nous y voyons une occasion de se positionner en vue d’un repli additionnel des actifs liés à la Russie au cours des prochaines semaines.
Cette fragilité économique exerce une pression immédiate sur le rouble. Alors que la devise montrait déjà des signes de faiblesse récemment, touchant 102 par dollar américain, nous examinons des contrats à terme qui profiteraient d’un affaiblissement supplémentaire. Historiquement, des écarts négatifs de cette ampleur sur la production industrielle ont souvent précédé des dévaluations, ce qui rend un mouvement vers 105 un objectif réaliste.
Du côté des actions, nous anticipons que cette nouvelle pèsera sur l’indice MOEX Russia, qui évoluait en tendance latérale près de 3 200 points. L’achat d’options de vente (puts) sur l’indice ou sur des FNB connexes procure une exposition directe à la baisse, avec un risque défini. Les données laissent entendre que les secteurs en dehors de la production militaire parrainée par l’État sont en contraction, ce qui pourrait se traduire par des résultats d’entreprises décevants.
Volatilité, matières premières et perspectives du marché de l’énergie
Nous nous attendons également à une hausse de la volatilité implicite, cette surprise accentuant l’incertitude sur les marchés. Les périodes de nouvelles économiques négatives, surtout dans un contexte géopolitique tendu, ont historiquement entraîné des poussées de volatilité. Cela rend attrayantes les stratégies acheteuses de volatilité, comme l’achat de straddles sur des titres russes clés, pour miser sur la possibilité d’un mouvement de prix marqué.
Une économie intérieure qui s’essouffle rend la Russie plus dépendante de ses exportations de matières premières pour ses revenus. Même si le Brent se maintient autour de 85 $US le baril, cette faiblesse interne signifie qu’un repli des prix mondiaux du pétrole frapperait particulièrement durement le budget russe. Nous demeurons donc prudents à l’égard des marchés de l’énergie et nous utilisons des options pour nous couvrir contre un possible recul du brut sous le seuil de 80 $US.
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